Archive

Posts Tagged ‘justice’

Charest et sa commission Bastarache

janvier 21, 2011 Laisser un commentaire

Une caricature de ce matin, d’abord:

André-Philippe Côté, toujours et encore.

Puis la photo en Une du Devoir:

Félicitations pour ce portrait au photographe Mathieu Bélanger de Reuters

Ça ne fait pas un peu peur ?

Publicités

Le Procès des Cinq et autres litiges

octobre 14, 2010 1 commentaire

Bon, je sens la fin du régime du gouvernement Charest. C’est lourd, et j’ai le cynisme facile. Pas facile de revenir me commettre ici.

J’ai pourtant tant de choses à dire sur les gaz de schiste, la commission Bastarache, la loi 103, le bonhomme Carnaval, Statistiques Canada, les « je me souviens plus en je m’en calice » de la crise d’octobre, la corruption/collusion/construction et le fameux retour hypothétique des Nordiques.

Dans la mer des causes à soutenir, au Québec, au Canada, en Amérique et dans le monde surmondialisé, j’ai actuellement la nette impression que ma grande gueule, même si je la fais crier du plus fort et du plus strident que je peux, ne se fera pas entendre, criera dans le vide.

Y’a tellement de causes à soutenir, que l’on se contente de cliquer sur celles qui nous touchent plus ou moins sur Facebook, et puis c’est tout.

Non à la loi 103; la loi 101 n’est pas à vendre

Regardez par exemple la page FB qui s’oppose à la loi 103 : plus de 4 000 membres. Le lundi 18 octobre prochain, une manifestation contre cette loi pernicieuse aura lieu devant les bureaux du Premier Ministre Charest. Si nous y sommes 4 000, ça sera incroyable. Les organisateurs seront contents, mais le gouvernement ne bougera pas d’un poil. Si nous étions 50 000, peut-être. Mais qui prendra le temps ? Pourtant, la cause interpelle de nombreuses personnes, toutes générations confondues.

Pour un moratoire sur les gaz de schiste

Regardez la pétition(signez-la !!) qui circule depuis quelques jours pour un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste. On n’est pas loin de 10 000 signatures. Pas mal, mais c’est encore loin des 50 000 personnes qui se sont déplacées sur les Plaines pour le retour des Nordiques, le samedi 2 octobre dernier.

Ah ! Si les gaz de schiste avaient une chance de faire les séries contre les Canadiens de Montréal !

Je l’ai dit plus haut, j’ai le cynisme facile…mais pas exhaustif.

Je suis cynique, lorsque j’ai la nette impression que l’on me prend pour une valise. Et disons que j’ai l’impression que ça arrive pas mal trop souvent depuis la fin de l’été.

Quelques mots sur la (sur) couverture médiatique des 40 ans de la crise d’octobre.

Si vous lisez les journaux, si vous écoutez les chaînes de télé, d’information, vous ne pouvez pas ne pas en avoir (re) entendu parler.

Des reportages, des entrevues, des enquêtes, un roman, des textes, des idées, ont revisité le pourquoi du comment des mesures de guerres promulguées contre les indépendantistes, il y a 40 ans dans la Province of Québec.

Dans ce trop plein d’informations reconsidérées, repensées et réactualisées, un événement a pratiquement été passé sous silence par les médias : Le procès de Cinq, présenté par les Zapartistes début octobre au Lion d’Or.

Le lendemain, dans les « vrais » médias écrits de Montréal, un seul journaliste, en lock-out de Québécor, en a parlé.

C’est tout dire.

Je ne connais pas les détails de l’affaire, mais toujours est-il que Lux Éditeur a décidé de publier des extraits du Procès des Cinq.

(Pour faire une histoire courte, le Procès des Cinq a eu lieu début 1971. Il mettait en cause cinq hommes, dont Michel Chartrand et Pierre Vallières, alors accusé de « conspiration séditieuse ». Le procès fédéral s’est finalement terminé sur un non-lieu.)

Comme par magie, les conséquents Zapartistes ont découvert le texte. La Zapartiste de l’ombre Nadine Vincent a un peu condensé le texte. Sur la scène du Lion d’or, Patenaude, Parenteau et Vanasse nous ont offert ce brillant aperçu du verbatim. Un texte sans retouche. Sans retouche, car nul besoin d’en rajouter : le texte parle de lui-même, avec notamment ses clins d’œil à la Commission libérale Bastarache.

Les sources

Quand j’étudiais l’histoire ancienne, j’étais (et je le suis toujours) fascinée par les Anciens, par ce qu’ils avaient tenté, inventé, imaginé, afin de vivre ensemble. Bref, j’avais le « je me souviens », bien élastique. J’ai tenu à commencer par le début, quitte à faire un détour de 2 500 ans.

Lorsque l’on s’intéresse à l’histoire, on apprend vite qu’il est des plus hasardeux de parvenir à une vision claire du déroulement des événements de notre recherche. Les sources nous disent bien ce qu’elles veulent et l’objectivité est une chimère.

Mais, contrairement aux écrits de Homère le romancier, de Platon le philosophe, de Aristophane le dramaturge ou de Thuycidide l’historien, les écrits des rhéteurs (plaideurs professionnels) nous offrent un aperçu plus brut.

En histoire, les comptes-rendus sans fla-fla de procès ont des avantages que les autres textes d’une même époque n’ont pas. Nous pouvons y découvrir qui – du clan x ou du clan y – a gagné son procès. Nous pouvons y lire les arguments qui ont fait pencher les jurés. Dans certains cas, nous pouvons même savoir comment l’assistance a réagi. On a l’impression de vraiment tâter le pouls de l’époque.

C’est un peu ce que les Zapartistes nous ont donné à voir sur scène avec le Procès des Cinq de 1971.

En lisant le Procès de Cinq, on ne comprend certes pas tout, mais on lit simplement, sans plus ni moins, comment cinq Québécois, debout et sans langue de bois, se sont défendus dans la foulée des dérives d’octobre 1970.

Enfin !

On espère que les Lux Éditeur récidivera avec la publication d’autres procès.

Le Procès des Cinq, Lux Éditeur.


Les Zapartistes, à l’Anglicane à Lévis le 15 octobre et en supplémentaire au Lion d’Or à Montréal le 20 octobre.

Les Québécois sont des gens de gauche qui s’ignorent

avril 15, 2010 2 commentaires

Ou qui se taisent…

Certains Québécois se censurent afin de ne pas être taxés de sales gauchistes pelleteux de nuages. Exception faite des blogueurs de la Toile et des vieux de la vieille, amis de Chartrand, rares sont ceux qui s’affichent « de gauche ».

La preuve en est que vous ne lirez qu’exceptionnellement dans nos médias de masse les mots « les gens de gauche », mais toujours « la gogauche » ou « le gauchiste ». Même Foglia se dit « vieux gogauche » dans une superbe chronique !

Ces deux termes sont péjoratifs. Dans notre imaginaire collectif, ils font référence à des gens économiquement dans les patates, la tête dans les nuages et l’appart sur le Plateau. Des rêveurs, pas des bâtisseurs. Et encore moins des créateurs de richesse.

source

Pourtant, lorsqu’un sale gauchiste s’éteint, un Falardeau ou un Chartrand, tout le Québec s’émeut et même le gouvernement Charest reconnaît l’importance cruciale qu’il a eue dans notre progression vers une société plus équitable…

Remarquez que les gens s’affichant « de droite » ne sont pas légion, eux non plus. Mais aucun terme péjoratif ne leur est accolé dans les médias, dans l’espace public. Au contraire, rusés, ils se sont choisi un terme tout désigné pour refléter la réussite et la vérité dans notre inconscient collectif : les lucides.

Ils sont forts. Surtout pour persuader les Québécois que la gauche n’est plus économiquement viable. Qu’elle mène à un mur.

Voilà qui m’amène au Québécois de gauche qui s’ignore.

Il pourrait – il l’a été dans certains cas – être de gauche, mais il se dit ces temps-ci de droite. Il est d’accord en théorie avec les principes de la gauche, mais il n’y croit plus. Il ne croit plus que la société, surtout le Québec (la petite province qui dépense trop sans se soucier de son avenir), a les moyens d’être de gauche. Il avance l’idée que la social-démocratie ne fonctionne pas et que les dernières années l’ont prouvé d’une manière tout à fait éloquente.

Pourtant, s’il prenait quelques heures de son précieux temps à lire plutôt qu’à regarder une télé série américaine et/ou le Banquier, il verrait bien que, dans toutes les sociétés démocratiques où la social-démocratie a commencé à mal fonctionner, la porte avait été trop grande ouverte à des intérêts privés.

Le Québec, le Canada, la France, l’Angleterre, la Suède, les Etats-Unis, nommez-les. Tous. À cet égard, il faut lire et relire L’Amérique que nous voulons, de Paul Krugman

Bref, les Baby-boomers, les souverainistes surtout, sont nombreux dans cette catégorie. Mais ils ne sont pas les seuls. Il y a aussi tous ceux qui ont jeté l’éponge en 1995. Il y a aussi les jeunes et moins jeunes, plus ou moins apolitiques, qui se disent « de centre ».

« de centre » ?

Quelqu’un pourrait-il m’expliquer ce que signifie exactement être « de centre » ? C’est comme si un amateur de hockey disait à la fois prendre pour les Nordiques et les Canadiens. En pratique, ça ne tient pas la route.

J’ai l’impression que le Québécois est non seulement une personne de gauche qui s’ignore, mais qu’en plus, il est mêlé pas rien qu’à peu près. C’est alors qu’il se dit « de centre ».

Dimanche, ils ont été 50 000 à aller manifester, à l’appel d’une radio poubelle privée et de droite… contre un budget de droite. Avec leurs balais, ils demandaient au gouvernement Charest de faire le ménage dans l’État… alors que ce gouvernement s’emploie à faire exactement cela depuis 2003 : réduire la taille de l’état en redistribuant les services publics au privé, généreux donateur du Parti. Après, l’État sera tellement petit – un 3 et demi plutôt qu’un palais de Westmount – qu’il sera en effet beaucoup plus rapide de passer le balai…
Source

Les Québécois sont en colère ces jours-ci, mais on aurait envie de dire qu’ils le méritent bien : depuis 2003 qu’ils votent pour un gouvernement libéral. On ne peut même pas être surpris, tant c’était prévisible. Vous n’avez à relire Libérez-nous des Libéraux, tout y était déjà, en 2004.

Gauche VS droite

Bon, réduisons à sa plus simple expression la gauche versus la droite : le bien commun versus le bien individuel.

Y-a-t-il vraiment un Québécois qui ne soit pas d’accord avec la primauté de la collectivité sur l’individu ? D’autant plus que l’on sait que la somme des biens individuels d’une société de droite ne se traduit jamais par l’augmentation du bien commun. Au contraire. C’est-à-dire que plus nous gouvernons à droite, plus l’ensemble de la richesse économique, culturelle et sociale se concentre entre les mains d’un groupe toujours plus restreint.

Du genre, chez nous, à 2 % de la population. 2 % de la population dont vous ne faites pas partie, vous, cher lecteur de ce blogue inutile.

Voilà, je suis de gauche, j’en suis fière et je vous emmerde, tabarnak ! aurait dit Chartrand.

La face cachée des états financiers de Gesca/Power

septembre 3, 2009 Laisser un commentaire

La nouvelle du jour : La Cour d’appel déboute Power Corporation: Gesca devra-t-elle enfin dévoiler ses états financiers à ses propres actionnaires ?

L’affaire a commencé il y a trois ans. À l’époque, le MEDAC (Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires) décidait de traîner Power devant les tribunaux.

L’enjeu ?

Forcer Power à divulguer les états financiers de sa filiale Gesca (propriétaire des quotidiens La Presse, Le Soleil, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien, Le Droit, Le Voix de L’Est) à ses propres actionnaires.

Power Corp chart
http://radicarl.net

Trois ans !

Trois ans avant que les juges de la Cour d’appel ne rendent un jugement qui apparaît comme le plus gros bon sens de tous les temps :

Un actionnaire a le droit de savoir combien la compagnie dans laquelle il investit fait de profit !

Mais les méandres de la justice étant ce qu’ils sont, Power et ses avocats ont réussi à faire traîner les choses. Et peut-être les feront-ils traîner encore jusqu’en Cour suprême.

Si on avait ici affaire à une compagnie de chaussures, l’enjeu n’en voudrait peut-être pas la chandelle.

Mais dans cette affaire, l’enjeu porte sur deux aspects plutôt explosifs.

Primo, la politique.

L’ex-président du MEDAC n’est nul autre qu’Yves Michaud, ardent souverainiste de longue date. Selon M. Michaud, Power, propriété du fédéraliste notoire Desmarais, refuse de dévoiler les états financiers de Gesca afin de voiler ses ambitions fédéralistes dans la province.

jpg_18-michaudy-c1189

Deusio, les conditions de travail des journalistes de La Presse (et bientôt des autres quotidiens de Gesca).

Le syndicat des journalistes de La Presse, avant de consentir à des coupures de 13 millions de dollars, aimerait bien les voir, lui aussi, les états financiers de son journal.

2452_2

Si jamais Power consent à dévoiler ses foutus états financiers, de deux choses, l’une se produira :

Soit Gesca ne fait pas une cenne. M. Michaud aura alors le beau jeu de dire que Power ne conserve cette filiale que pour fins propagandistes.

Soit Gesca est bien rentable (comme le JDM). Le syndicat des journalistes de La Presse aura alors le beau jeu de dire que les compressions imposées par Power à ses membres sont injustifiées.

Je ne sais pas trop si Gesca/Power/Paul craint l’eau chaude, mais les employés de La Presse ont reçu par courriel cette semaine, comme par hasard, l’ordre de s’entendre avec leurs patrons avant le 1er décembre. Sans quoi, La Presse et Cyberpresse pourraient être suspendus.

On ne badine pas avec le Power, c’est bien connu…

Daniel Leblanc: la cause remise

À ceux qui se demande ce qui s’est passé en Cour supérieure aujourd’hui pour le journaliste du Globe and Mail Daniel Leblanc, sachez que la cause a été remise au 8 avril.

x

Si les avocats mettent en oeuvre toutes les procédures possibles du droit afin de faire reporter ad nauseam la cause, M. Leblanc n’est pas sorti du bois. En attendant du moins, il continue à bosser sur le gouvernement fédéral.

Scandale des commandites: un journaliste risque la prison

février 18, 2009 2 commentaires

Daniel Leblanc est ce journaliste du Globe and Mail qui a le premier révélé le scandale des commandites. C’est grâce à son travail d’enquête journalistique que le programme des commandites est devenu scandale. Travail minutieux qui a été rendu possible grâce à la collaboration d’un dénonciateur, d’une source confidentielle, au sein du gouvernement fédéral : Ma chouette.

Or aujourd’hui, le journaliste risque la prison s’il ne dévoile pas sa source.

x

Le gouvernement du Canada poursuit actuellement le groupe Polygone pour 40 millions de dollars versés dans le cadre du programme des commandites. Le groupe Polygone, aujourd’hui Malcom Media, est notamment éditeur de Sentier chasse-pêche.

Afin d’éviter à avoir à payer, l’avocat de Polygone prétend que le délai de prescription de trois ans est écoulé et donc que le gouvernement ne peut légalement récupérer cette somme. La seule manière de prouver que le délai est bel et bien écoulé est de démontrer que le gouvernement était au courant depuis plus de trois ans. Comment ? En dévoilant l’identité de Ma chouette, probablement haute placée dans la hiérarchie du gouvernement.

Le journaliste devra ainsi se présenter devant la Cour supérieure le 19 mars prochain. S’il refuse de dévoiler sa source, le juge devra l’accuser d’outrage au tribunal. Leblanc pourrait alors se retrouver à nul autre endroit qu’en prison.

Deux dangereux précédents seraient alors créés :

Primo : les hauts fonctionnaires témoins de magouilles y penseraient à deux fois avant de les dénoncer.

Secundo : les journalistes y penseraient à deux fois avant de publier une histoire de magouilles requérant la collaboration d’une source anonyme.

Par ricochet, le droit du public à l’information mordrait la poussière.

La liberté de presse est garantie par la constitution.

Pour en savoir plus :

La déconstruction de Gomery. Yves Boisvert, La Presse

Protection des sources journalistiques: le cas de « Ma chouette » est alarmant. FPJQ

La "Commission Vérité"

février 10, 2009 2 commentaires

Jamais on a vu aux États-Unis une nouvelle administration punir judiciairement la précédente. La traduction en justice des anciens gouvernants s’est en vérité à peine vu dans nos États démocratiques modernes.

Mais puisque c’est précisément Obama qui succède précisément à Bush, des voix s’élèvent en Amérique pour que les crimes de l’Administration Bush soient punis.

bushobama

La voix de Paul Krugman*, notamment. Économiste américain récipiendaire du Prix Nobel l’an dernier.

Extrait d’une chronique parue le 15 janvier dans le NYT :

« Le 11 janvier dernier, on a demandé au président élu Barack Obama s’il allait exiger qu’une enquête soit ouverte sur les infractions éventuelles du gouvernement Bush. « Je ne pense pas que quiconque soit au-dessus des lois », a-t-il répondu, mais « il nous faut regarder vers l’avant plutôt qu’en arrière. » Je suis désolé, mais si l’on n’enquête pas sur ce qui s’est passé pendant les années Bush – or, à la suite de la déclaration d’Obama, tout le monde ou presque a compris qu’il n’en serait effectivement rien -, cela prouve que ceux qui sont au pouvoir sont bel et bien au-dessus des lois puisqu’ils ne risquent rien s’ils abusent dudit pouvoir.

Expliquons clairement de quoi nous parlons. Il n’est pas seulement question de la torture et des écoutes illicites, dont les auteurs prétendent, aussi peu crédible cela puisse-t-il être, qu’ils étaient des patriotes agissant au nom de la sécurité de la nation. Le fait est que les abus de pouvoir du gouvernement Bush vont de la politique environnementale au droit de vote. Et que l’usage du pouvoir a servi à récompenser des amis et à châtier des ennemis politiques. »**

Que ces crimes soient déjà tous connus et limpidement accessibles, non plus classé top secret, serait déjà un début.

C’est à peu près ce que voudrait faire l’aîné des sénateurs du Congrès américain Patrick Leahy. Le démocrate s’est prononcé en faveur d’une « Commission Vérité » qui se voudrait un compromis entre la traduction en justice des responsables de l’administration Bush et le fait de passer carrément l’éponge… plus de détails ici.

Patrick LeahyLe sénateur démocrate Patrick Leahy.

Cette « Commission Vérité » faire référence à la Commission Vérité et Réconciliation survenu en 1993 en Afrique du Sud, à la suite de la chute du régime de l’apartheid.

Voici en quelques mots (du Monde Diplomatique) en quoi a consisté cette commission sud-africaine.

« Le principe en était simple : bénéficieraient d’une amnistie tous ceux qui viendraient devant la commission « confesser » en quelque sorte leurs exactions – il s’agissait surtout de membres de la police qui avaient torturé, et parfois tué, des militants des mouvements de libération noirs, principalement le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela. L’amnistie des requérants était soumise à deux conditions : d’abord de ne rien omettre de leurs crimes et délits dans leur déposition, ensuite d’avoir agi sur ordre de leur hiérarchie tout en croyant servir un « objectif politique » (une prétendue défense de la race blanche, par exemple). Contrairement à ce qu’avait publiquement craint l’ancien président Frederik De Klerk, la révélation des sévices souvent atroces infligés par les bourreaux n’a pas entravé la réconciliation entre les communautés noire et blanche. La Commission a ainsi réussi la catharsis qu’elle s’était fixée comme objectif. »***

Le projet du Sénateur Leahy n’a pas encore été examiné, ni par le Congrès, ni par la Présidence.

Une seule chose à rajouter:

Espérons que les rapports de Commissions aux States ne prennent pas la même direction que ceux au Québec.


———————————

*Paul Krugman, économiste américain, prix Nobel l’an dernier, soutient notamment (études et statistiques depuis le 19e siècle à l’appui) que plus l’État américain est interventionniste, plus l’inégalité entre les salaires américains tend à s’estomper, plus les richesses sont également réparties.
Bref, Krugman croit au socialisme… en Amérique du Nord. Depuis quelques années, il est également « faiseur d’opinion » dans une chronique qu’il tient au New York Times.

**Traduction du Courrier International du 22 janvier. Pour l’article en entier (et en anglais), c’est ici.

*** Le Monde Diplomatique, janvier 2005.

Catégories :Politique étrangère Étiquettes : , , , ,