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L'UQAM in English, non merci !

septembre 3, 2009 Laisser un commentaire

Ça se fait déjà à l’Université Laval et au HEC. Il paraît que ça se fera bientôt à l’École polytechnique de Montréal.

Dès cet automne, des cours de gestion à l’UQAM seront dispensés en anglais. Le syndicat des professeurs est contre, y voyant une « marchandisation du savoir ». Leur convention collective, on ne peut plus claire, stipule que leur langue d’enseignement doit être le français. La politique linguistique de l’UQAM précise que le français doit être la langue officielle et d’expression commune.

Déjà que pratiquement toutes les matières - histoire, psycho, bio, philo, gestion, économie, administration, agronomie, communication, alouette – exigent des lectures obligatoires en anglais.

Mais la Ministre de l’éducation Michelle Courchesne, fidèle aux habitudes de son gouvernement, n’y voit bien sûr aucun problème.

– Allons, des cours obligatoires désormais offerts in english, c’est bon pour l’ouverture vers le monde, ça ! –

En autant que cela concerne des programmes ciblés et ne prenne pas des proportions exagérées. Pas de problème à de stade-ci, dit-elle en somme.

Question :

Si on accepte quelques cours in english aux départements de gestion, d’administration ou d’économie de nos universités québécoises francophones et publiques, comment refuserons-nous ensuite à d’autres départements de les imiter ? Où sera la limite ?

Quand cela deviendra-t-il inacceptable ?

Quand le pourcentage de cours offerts en français aura atteint 52, 6 % ? *

SkWhite

* Pourcentage d’habitats de Montréal qui ont le français comme langue d’usage, selon le recensement 2006 de statistique Canada.

……

À la Une de Cyberpresse avant d’aller dormir…

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Le grain de sel de Julie

avril 8, 2009 1 commentaire

Les petits récits d’Amélie accueille une nouvelle venue !

Roulement de tambours, une nouvelle voix s’emmène sur le blogue. Julie étudie la littérature à l’UQAM, se passionne pour la culture, la politique, l’humour, les voyages et pour bien d’autres choses. Elle aime bien y mettre son grain de sel, parfois grinçant, quelquefois éclairant, de temps en temps hilarant et à tous les coups pertinent.

Bienvenue Julie, nous voilà maintenant deux aux aguets.

Un pour tous tous pour un à l’UQAM

Étudiants et Recteur appuient la grève des profs.

Les Zapartistes, dont je suis moi-même une fervente admiratrice (ainsi qu’Amélie qui, sur ce blogue, ne tarit pas d’éloges à propos de ce groupe spécialisé dans l’humour dit politique), ont glissé dans leur sketch intitulé « Intégration des immigrants » une pointe à la fois très méchante et très drôle à propos de l’UQAM.

Le « professeur » de cette classe d’intégration fictive, interprété par François Parenteau, traite d’éducation supérieure et rappelle que les frais de scolarité ont été dégelés. Il poursuit : « Vous pourrez donc en profiter pour vous endetter, ce qui créera des liens d’enracinement solides et durables entre vous et votre institution bancaire. Mais vous pourrez aussi vous qualifier dans un emploi d’avenir, approfondir vos connaissances et fréquenter des gens stimulants – ou encore, vous pouvez aller à l’UQAM. »

Comme plusieurs étudiants de l’UQAM, j’ai beaucoup ri – jaune, mais j’ai ri. Car cette blague est révélatrice des préjugés tenaces que bon nombre de Québécois entretiennent par rapport à cette université. Et ces préjugés sont légion. L’UQAM est perçue comme la parente pauvre des universités montréalaises, comme une université de seconde zone où l’on atterrit lorsque d’autres établissements, plus prestigieux ou aux programmes plus contingentés, ont refusé notre candidature.

Je serais pourtant curieuse de connaître le nombre d’étudiants qui se sont véritablement inscrits à l’UQAM « par défaut ». Pour ma part, l’UQAM a toujours possédé une aura de créativité, de flexibilité et d’ouverture qui m’a attirée dans ses rangs. Au-delà des représentations que l’on se fait de l’UQAM, à tort ou à raison, il y a une réalité irréfutable : il ne s’agit pas d’une université comme les autres.

En ces temps de grève du syndicat des professeurs, qui dure depuis bientôt trois semaines, il m’apparaît important de rappeler quelques faits.

1. Selon le rapport de la firme Aon, déposé le 17 mars 2009, les professeurs de l’UQAM sont payés, en moyenne, 10 % de moins que les professeurs des autres universités québécoises.

2. L’UQAM est l’université qui contient le plus grand nombre d’étudiants, mais aussi le plus petit nombre de professeurs.

3. Les professeurs exigent, entre autres, l’embauche de 300 professeurs, pour faire améliorer le ratio professeur/étudiants qui est de 1/27 (1/21 en moyenne dans les autres universités).

4. Environ 40% des étudiants de l’UQAM font partie de la première génération de leur famille à accéder aux études supérieures.

5. À l’UQAM, un étudiant sur deux travaille en même temps qu’il étudie à temps partiel.

6. Le gouvernement octroie des subventions aux universités selon le nombre d’étudiants inscrits à temps plein, ce qui pénalise grandement l’UQAM.

Même Claude Corbo, le recteur de l’UQAM, reconnaît que les demandes du SPUQ (Syndicat des professeurs) sont légitimes. Dans une lettre envoyée aux professeurs le 23 mars 2009, il écrit :

« Au départ, je rappelle que je suis professeur dans cette Université; que j’ai encore très récemment pratiqué ce métier à la pleine satisfaction de mon assemblée départementale. Je rappelle cet état de choses pour établir très clairement que je comprends très bien ce qui vous préoccupe. Je connais les conditions dans lesquelles nous enseignons. Entre 1997 et 2007, la moyenne d’inscriptions à mes propres cours est passée de 60 à 80. Je peux attester personnellement du poids que représentent dans le quotidien l’enseignement de quatre cours par année plus la recherche plus les services à la communauté. Et je l’ai observé chez mes collègues. Le métier de professeur d’université offre de grands bonheurs mais il est très exigeant. Je rejette donc vigoureusement les jugements des personnes qui pensent que nous nous la coulons douce. J’ai mesuré sur le terrain le manque de ressources de toutes catégories, à commencer par le manque de postes de professeurs. J’ai vécu comme professeur le sous-financement de l’UQAM que je m’efforce de faire corriger depuis que je suis recteur. »

(lettre publiée sur le site du SPUQ : http://girofle2.telecom.uqam.ca/calend/courriel-com/editeur_afficheur.php?CodeMAIL=2848)

débatdesociete

Depuis 2005, l’UQAM a été la scène de plusieurs grèves, majoritairement menées par les associations étudiantes. Les revendications, si elles diffèrent légèrement d’une grève à l’autre, s’articulent autour de deux grandes idées : l’accessibilité aux études et la qualité de la formation. Cette fois-ci, la grève des professeurs soulève les mêmes questions : quel genre d’université voulons-nous ? Qu’est-ce que l’UQAM, quelle est sa spécificité et est-ce que cela vaut la peine de lutter pour la préserver ? Alors qu’on cesse de parler à tort et à travers, de traiter les professeurs (et les étudiants) d’enfants gâtés, de dire qu’en temps de crise, il faut se serrer la ceinture. L’UQAM se serre la ceinture depuis quarante ans. Si le gouvernement laisse la situation dégénérer, cette université qui joue un rôle important dans la société québécoise ne sera plus bientôt que l’ombre d’elle-même. Loi 101, Caisse de dépôt et placement, UQAM : même combat. Ce sont des réalisations québécoises dont nous pouvons et devons être fiers. Notre indifférence à leur égard risque de nous jouer des tours dans quelques années.

Julie Nadeau Lavigne
étudiante à la maîtrise, UQAM