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La démocratie: trop, c’est comme pas assez…

Y’a ceux qui se battent et meurent pour pouvoir voter pour de vrai, et les autres (enfin, moins de 60 % d’entre eux) qui votent, quatre fois en sept ans, sans passion et en chialant que ça coûte ben trop cher !

Encore Côté

Si au moins on pouvait nous aussi crier Dégage à quelqu’un d’ici les élections canadiennes du 2 mai.

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Démocratie saisonnière

Comme la nature passe de l’automne à l’hiver, puis du printemps à l’été, on a parfois l’impression que l’espèce humaine joue au même jeu, suit la même logique.

Alors que les peuples arabes vivent leur printemps, l’occident vit quant à lui son hiver démocratique : tout le monde crie à la mort de la démocratie, à sa carence d’efficacité, à son détournement au profit des oligarques, à sa corruption.

(Oligarchie : « Système politique dans lequel le pouvoir appartient à un petit nombre d'individus ou de familles, à une classe sociale restreinte et privilégiée ».)

Source


Les occidentaux – leurs gouvernements en première ligne – n’ont pas su voir venir le printemps « démocratique » ou « révolutionnaire » des pays du monde arabe. Non pas seulement à cause de leurs intérêts pétroliers et économiques dans ces régions, mais aussi parce que leurs systèmes politiques ne sont plus, depuis longtemps, que l’ombre de l’ombre du système démocratique auquel aspirent les hommes et femmes arabes qui manifestent actuellement au péril de leur vie.

Depuis le début de la révolution tunisienne, j’ai beaucoup discuté Révolution avec des gens de la Tunisie. La majorité – mais pas tous ! – d’entre eux ignorent le débat sur le prétendu déficit actuel de la démocratie occidentale, qu’il soit québécois, français, grec ou américain. J’ai beau leur dire que le gouvernement ici, ne nous torture pas, mais nous endort d’autant mieux, c’est comme parler à un homme atteint de la fièvre du printemps.

Lorsque je serai en Tunisie, en entrevue avec des gens qui y ont pratiquement laissé leur peau, comment pourrais-je leur expliquer qu’en moyenne moins de 60 % de gens votent depuis les 10 dernières années au Canada ? Et que ce sont surtout les jeunes qui font baisser la moyenne ?

Comment leur expliquer qu’au Québec, où les manifestations ne sont en aucun cas réprimées par des balles réelles et des bombardements, la dernière manifestation la plus nombreuse dénombrait environ 60 000 personnes sur une population de 7 millions et visait le retour d’une équipe de hockey ?

Il est peut-être un peu là le malaise de l’occident, non ?

Les Arabes sont dans la rue à exiger de leurs gouvernements ce que nous pourrions légalement, sans danger, légitimement, sans crainte, exiger de nos gouvernants, si nous n’étions pas si occupés à se regarder le nombril numérisé sur notre grand écran plasma.

J’espère que les Tunisiens ne me poseront pas trop de questons sur la démocratie à l’occidentale. Ou bien je leur mens, ou bien je les invite à ne pas trop nous imiter.

Qu’ils amènent leur printemps jusqu’à l’été, peut-être qu’un jour, ça nous fera sortir de notre hiver.

Le pétrole de Kadhafi

février 24, 2011 Laisser un commentaire

Lorsque les manifestions ont commencé en Egypte, on a dit que l’Égypte n’était pas la Tunisie. Depuis que la révolution lybienne est commencée, on se garde un peu plus de le dire, mais on pourrait pourtant le faire : la Lybie n’est pas la Tunisie, ni l’Égypte : elle produit du pétrole.

Sur les 212 pays producteurs de la planète, le pays du cinglé Kaghafi se hisse au 18e rang, contre 28 pour l’Egypte et 58 pour la Tunisie.

source

De quoi ralentir les condamnations de l’occident, l’Europe en particulier. Pendant ce temps, plus de 1 000 personnes auraient péri en une semaine.

De quoi également alarmer les investisseurs et spéculateurs du merveilleux monde de la finance : voilà que la rue arabe fait s’enflammer le prix du baril de pétrole.

Ou la-la ! Le baril pourrait encore dépasser les 100 $ !

Et voilà l’occident qui jure à la pompe, en faisant le plein de sa voiture de l’année. Elle est toutefois plutôt mal placée cette fois-ci pour se plaindre : après tout, des êtres humains manifestent et meurent, pour une liberté qui ressemblerait en tout point à la liberté de l’occident. En plus, elle est plutôt jalouse, l’occident. Depuis longtemps, elle n’a plus le courage au ventre de faire dégager les pourris qui la gouvernent.

Et, ironie de l’histoire, alors que le prix du pétrole augmente depuis trois jours, celui des denrées alimentaires (celui-là même qui, par son augmentation flagrante, a lancé le printemps arabe), diminue.

Vous payez plus cher votre essence, l’Arabe paye moins cher ses céréales.

Voilà l’expression « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre » mondialisée.

P.S. : On n’en parle pas trop dans nos médias, mais l’effet domino se fait aussi sentir hors du monde arabo-musulman, au Sud du Sahara, notamment.