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La face cachée des états financiers de Gesca/Power

septembre 3, 2009 Laisser un commentaire

La nouvelle du jour : La Cour d’appel déboute Power Corporation: Gesca devra-t-elle enfin dévoiler ses états financiers à ses propres actionnaires ?

L’affaire a commencé il y a trois ans. À l’époque, le MEDAC (Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires) décidait de traîner Power devant les tribunaux.

L’enjeu ?

Forcer Power à divulguer les états financiers de sa filiale Gesca (propriétaire des quotidiens La Presse, Le Soleil, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien, Le Droit, Le Voix de L’Est) à ses propres actionnaires.

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http://radicarl.net

Trois ans !

Trois ans avant que les juges de la Cour d’appel ne rendent un jugement qui apparaît comme le plus gros bon sens de tous les temps :

Un actionnaire a le droit de savoir combien la compagnie dans laquelle il investit fait de profit !

Mais les méandres de la justice étant ce qu’ils sont, Power et ses avocats ont réussi à faire traîner les choses. Et peut-être les feront-ils traîner encore jusqu’en Cour suprême.

Si on avait ici affaire à une compagnie de chaussures, l’enjeu n’en voudrait peut-être pas la chandelle.

Mais dans cette affaire, l’enjeu porte sur deux aspects plutôt explosifs.

Primo, la politique.

L’ex-président du MEDAC n’est nul autre qu’Yves Michaud, ardent souverainiste de longue date. Selon M. Michaud, Power, propriété du fédéraliste notoire Desmarais, refuse de dévoiler les états financiers de Gesca afin de voiler ses ambitions fédéralistes dans la province.

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Deusio, les conditions de travail des journalistes de La Presse (et bientôt des autres quotidiens de Gesca).

Le syndicat des journalistes de La Presse, avant de consentir à des coupures de 13 millions de dollars, aimerait bien les voir, lui aussi, les états financiers de son journal.

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Si jamais Power consent à dévoiler ses foutus états financiers, de deux choses, l’une se produira :

Soit Gesca ne fait pas une cenne. M. Michaud aura alors le beau jeu de dire que Power ne conserve cette filiale que pour fins propagandistes.

Soit Gesca est bien rentable (comme le JDM). Le syndicat des journalistes de La Presse aura alors le beau jeu de dire que les compressions imposées par Power à ses membres sont injustifiées.

Je ne sais pas trop si Gesca/Power/Paul craint l’eau chaude, mais les employés de La Presse ont reçu par courriel cette semaine, comme par hasard, l’ordre de s’entendre avec leurs patrons avant le 1er décembre. Sans quoi, La Presse et Cyberpresse pourraient être suspendus.

On ne badine pas avec le Power, c’est bien connu…

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Voulez-vous vraiment le savoir ?

Voulez-vous savoir, c’est ce que demandait Foglia dans sa chronique d’hier. Voulez-vous savoir le pourquoi du papier commercial, celui-là même qui expliquerait les pertes de 40 milliards de dollars que la Caisse de dépôt et placement du Québec a encaissés l’an dernier. De prime abord, voulez-vous vraiment savoir de kossé que sé exactement que cette caisse de dépôt ?

http://www.flickr.com/photos/29362965@N04/2869288329/

Voulez-vous savoir Omar Khadr ? Rabaska ? La Romaine ?

Commissaire à l’information du Canada, Robert Marleau a récemment dénoncé le contrôle sur l’information qu’exerçait le gouvernement Harper sur ces propres fonctionnaires. Voulez-vous vraiment savoir le fond de l’histoire ?

Voulez-vous savoir l’Afghanistan ? L’UQAM ?

Le système de santé au Québec gambade vers sa privatisation. Qui profitera le plus de la privatisation de certaines opérations ? Qui est à la tête des compagnies d’assurances auxquelles vous payerez bientôt vos primes ? Voulez-vous vraiment le savoir ?

Les fromages au lait cru du Québec

Je vous ai vu nombreux à signer la pétition en fin de semaine. Je vous en remercie grandement. Mas je n’ai vu personne, ou presque, lire la pétition avant de la signer. Coup donc, voulez-vous vraiment le savoir ?

Sarkozy, la Légion d’honneur, le Québec, Charest et Desmarais.

février 3, 2009 5 commentaires

Aux cours des prochains jours, vous entendrez certainement parler des récentes déclarations du Président français au sujet des relations franco-québécoises.

Depuis toujours – toujours faisant ici environ référence au célèbre « Vivre le Québec libre » de de Gaulle lancé à Montréal en 1967 – les relations entre l’ex-mère patrie et la village gaulois américain sont fragiles, ambiguës, mais plutôt stables.

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L’attitude officielle de la France depuis de Gaulle est celle bien connue de la « non-ingérence, non indifférence ».

Ce concept vague et plutôt pratique fut respecté depuis 1967 (soit un an avant même la création du parti québécois), tant par les gouvernements de droite que de gauche en France.

Pourquoi a-t-il fallut le changer, puisqu’il était en quelque sorte parfait ? Avec une telle politique, la France se gardait une marge de manœuvre.

Aujourd’hui, lors de la remise de la Légion d’honneur à Jean Charest, Sarkozy a pourtant rompu en grandes pompes cette sage tradition. Il a dit préférer « l’unité canadienne », au « sectarisme » et au « repli sur soi ».

«La non-ingérence, non-indifférence, honnêtement, ce n’est pas trop mon truc.»

Il avait déjà affiché ses couleurs à deux reprises l’an dernier.

Le questionnement qui tue

Agissant ainsi, Sarkosy sème la zizanie dans tous les camps. Les fédéralistes et les souverainistes du Québec. Les gens de son propre parti, l’UMP, et les socialistes. Cette rupture de la diplomatie française dans le dossier du Québec est loin de faire l’unanimité des deux côtés de l’Atlantique, peu importent les horizons politiques.

Alors qu’il n’y avait aucune urgence à modifier la « non-ingérence non-indifférence », on comprend mal pourquoi le Président français se mouille maintenant (les Libéraux sont au pouvoir pour les quatre prochaines années et aucun référendum se pointe à l’horizon), au risque de se voir éclabousser.

Complots

Je n’aime pas trop les théories du complot, mais elles sont à tous les coups utiles là où il ne semble avoir aucune autre explication raisonnable.

Si l’on porte une attention particulière à la cérémonie de remise de la Légion d’honneur à Charest, cet événement où le changement de ton auprès du Québec a été officiellement donné, on ne peut pas ne pas remarquer la présence d’une personnalité canadienne qui n’apparaît que très rarement en public : Paul Desmarais.

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De cet homme, Sarkozy a déjà dit quelque chose comme (voir le bouquin de Philpot) : « Je n’aurais jamais été Président de la France sans lui ».

Les deux hommes sont en effet très proches. Dans un grand creux de sa carrière politique en 1995, c’est chez Desmarais à Charlevoix que Sarkozy aurait retrouvé la foi. Allez savoir ce qu’il avait comme dette, par la suite.

Des dettes d’honneur, je suppose.

Portez maintenant attention au discours de Sarkozy quand il parle du Québec. Écoutez attentivement. Vous l’avez déjà entendus. Les mots qu’il a soigneusement choisis, les mots qu’il pèse. Le discours typique, classique et hypocrite que les fédéralistes de mauvaise foi nous servent depuis Trudeau. Le même que vous entendrez cette année à l’occasion du 250e anniversaire de la bataille des plaines d’Abraham.

Réconciliation, SVP. Pas de chicane. Consensus.
Souveraineté = fermeture, division.
Pas gentil, méchant.

Le vieux disque tourne, tourne toujours, c’est maintenant Sarkozy, lui qui il y a encore seulement quelques années devait tout ignorer ou presque de la Belle Province, qui se tape désormais la musique !

Le poulain se doit de récompenser le maître.

Soyons de bonne foi

Lors de la cérémonie hier, Charest a reçu le grade de Commandeur de la Légion d’honneur.

Commandeur n’est pas la plus haute distinction de l’ordre de la Légion d’honneur de la République française.

L’ordre de la Légion d’honneur est un système de distinctions prestigieux, protocolaire et napoléonien (instauré en 1802) visant à récompenser tant les Français que les étrangers pour services rendus à la République française.

Cinq distinctions peuvent être remises :

(En ordre d’importance)

Trois grades :

• Chevalier
• Officier
• Commandeur

Deux dignités :
• Grand officier
• Grand-Croix

Céline Dion a été sacrée Chevalier.
Charest vient de l’être Commandeur.
René Lévesque fut nommé Grand officier.

Un seul Canadien a reçu la Grand-Croix : Paul Desmarais.

D’après la liste de Wikipédia, un peu plus de 150 personnes l’auraient reçue depuis le 19e siècle.

Desmarais n’est pas le seul étranger à avoir eut cet honneur. La majorité des récipiendaires était et est française : des maréchaux, des politiciens, des militaires, des scientifiques, des écrivains, des artistes français.

Certains étrangers figurent dans la prestigieuse liste : Alexandre 1er, Tsar de Russie, Juan Carlos, roi d’Espagne, Vaclav Havel, ex-Président de la République tchèque, Hailé Sélassié 1e empereur d’Éthiopie, Vladimir Poutine, Lech Watesa, électricien polonais, ex-Président de Solinarnosc.

Bref, des politiciens, des rois, empereurs, des présidents. Certainement pas tous des enfants de chœur, mais des personnalités publiques.

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Mais qu’est ce que fait Desmarais là, exactement ?

De ces Grand-Croix, seulement deux hommes ne se sont pas commis dans la vie publique.

Paul Desmarais : Homme d’affaires canadien, millionnaire et PDG de Power Corporation.

Albert Frère : Homme d’affaires belge, millionnaire.

Où sont les services rendus à la République française ?

Paul Desmarais et Albert Frère sont de bons partenaires d’affaires. Ils sont associés. Quand vient le temps pour Sarkozy de privatiser, les deux hommes sont là pour acheter à rabais.

Pour les curieux: voir Paribas et Total Suez.

Difficile d’éviter le cynisme, ensuite.

…………………………

La souveraineté du Québec n’a rien a voir avec le fait d’aimer ou non les Canadians. C’est quelque chose qui se passe, se passera entre nous.

« It’s nothing against you, It’s all between us », que je leur disais à Calgary.

Si mes amis albertains pouvaient le comprendre, il me semble que Sarkozy pourrait faire un effort.

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Trop peu en parle

décembre 8, 2008 1 commentaire

Suggestion de lecture

Monsieur Robin Philpot a récemment publié un nouveau livre: Derrière L’État Desmarais: Power (Éditions Les Intouchables).

Ce n’est pas le premier, ni certainement le dernier, ouvrage controversé que M. Philpot, souverainiste reconnu, commet.

On peut reprocher à l’auteur de verser un peu trop dan le brûlot à la Lester, mais on ne peut qu’être satisfait d’entendre enfin parler de M. Desmarais un peu plus à l’habitude… c’est à dire jamais !

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