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Entre deux Fêtes Nationales, tu pourrais faire qu’qu’chose

juillet 2, 2010 3 commentaires

En cette journée du déménagement… Euh, en cette journée de la Fête du Canada, permettez-moi de revenir, avec un peu de retard, avec un peu de recul, sur la fête de la Saint-Jean-Baptiste, notre pseudo Fête Nationale de province.

Je me fais souvent reprocher de faire un rapprochement entre la Saint-Jean et la politique. Paraît que cette fête n’a rien de politique, d’historique, de culturel. Paraît que c’est seulement une occasion fériée de faire le party. À ceux qui partage ce point de vue : je vous invite à ne pas perdre votre temps avec la poursuite de la lecture de ce modeste billet. Vous vous feriez plutôt chier.

L’an dernier, c’était la dernière fois que je fêtais la Saint-Jean sur les Plaines à Québec. C’était pourtant ma 14e Saint-Jean célébrée là depuis 16 ans.

Mes premières Saint-Jean Baptiste sur les Plaines coïncidaient avec le début de mes vacances d’été du secondaire. La Saint-Jean initiait en grandes pompes un été de naïves libertés, jamais contrecarrées par une maudite job.

Je ne voyais alors aucune portée politique à la fête : un peu de drogue, un peu plus d’alcool, beaucoup de monde.

Ce n’est que plus tard, quelque part au début de la vingtaine, que j’ai commencé à comprendre la portée, l’histoire et les aléas de cette fête catholique. À l’époque, je commençais à trouver que les hurluberlus des Plaines étaient certes sur le party, certes souls, certes « Bonne Saint-Jean, man ! », mais qu’ils n’étaient plus du tout là le lendemain.

À Québec (et ailleurs aussi), on n’est Québécois qu’un jour par année. Nous demander de l’être 365 jours par année serait exténuant, je suppose. À ce propos, il est bon de réécouter le monologue d’Yvon Deschamps de 1977, Fier d’être Québécois.

Enfin, je me souviens qu’à cette époque, j’ai continué d’aller célébrer sur les Plaines le 23 juin au soir. À un ami cynique qui m’avait fait remarquer le pathétique de la situation, j’avais répliqué que s’il n’y avait un soir par année où les gens de Québec était fiers d’être Québécois, autant en profiter, autant aller communier avec eux.

Bon, je ne saurais dire si c’est l’âge ou les circonstances, mais ce raisonnement a foutu le camp l’an passé, et à un moment précis, en plus.

J’étais sur les Plaines, dansant sur Libérez-nous des Libéraux. Avec combien …150 000, 200 000 de mes jeunes compatriotes ?

Il y a alors eu cette pensée qui m’a traversé l’esprit, pensée que j’aurais pu oublier, puisque j’étais moi aussi sur le solide party : Si tout les gens autour de moi avait exercé leur droit de vote, le gouvernement libéral de Charest n’aurait pas été majoritairement élu 6 mois plus tôt.

Je pensais que ça allait me passer, mais cette année, je n’avais aucune envie d’aller fêter la Saint-Jean à Québec.

Cette année, pour faire changement, j’ai plutôt opté pour des célébrations dans une ville où l’on est encore souverainiste, malgré tout : Montréal.

Comme je ne comprenais pas trop si la Saint-Jean se fêtait le 23 ou 24 juin dans la métropole, je l’ai fêtée pendant deux jours. Un soir dans un party dans un appart de Hochelaga, où l’on a chanté des tounes du Québec à la guitare, avec l’hôtesse qui criait à chaque fois que l’on osait chanter en anglais et avec des tits culs qui dansaient sur Charlebois.

L’autre soir, lors d’une fête de quartier à Ville-Émard, où l’on présentait un hommage aux Colos, où Les Oeuvriers, groupe folk urbain du coin, clôturait la soirée.

Un jeune groupe fort promoteur, Les Oeuvriers sont sur myspace, et en spectacle le 14 juillet prochain au Petit Campus.

Ma Saint-Jean, moi qui ne sait sortir le politique de la fête, ne ressemblait pas pentoute à celles des dernières années, mais elle m’est apparue plus sensée, moins truquée. Au moins, elle a été célébrée là où les gens votent encore pour la souveraineté des peuples, le nôtre inclus.

C’était plus facile à gérer, « au niveau des émotions » !

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Colère citoyenne, cynisme et enquête publique

novembre 5, 2009 2 commentaires

Depuis dimanche, je suis en colère. Une grosse colère noire. Je suis souvent en colère, mais là, je le suis triplement.

Primo. Je suis indignée que le Maire Tremblay ait été réélu, malgré toutes les sales magouilles de corruption que les journalistes ont révélées aux cours des derniers mois.

Deuxio. Je suis découragée du taux de participation : moins de 40 % des Montréalais sont allés voter. Il vous faut quoi ? Que le Maire aille voler votre argent directement dans vos poches, sous vos yeux ?

Tertio. Je suis en colère envers moi-même. Dans mon dernier billet, je vous invitais à manifester, à vous rallier, pour l’avenir de la langue française dans la province et plus précisément là où elle est le plus en danger : Montréal.

Pff. Quelle naïveté ! Comment, vous, pseudo-citoyens, pourriez-vous sortir dehors, avec le frette qui arrive, pour manifester votre attachement à notre langue, alors que vous n’êtes même pas capable d’aller voter un dimanche ?

Cynique

Tout ça me donne l’envie de devenir cynique. De lâcher prise. De jeter l’éponge. Je ne serais pas la première. Des cyniques, j’en côtoie tous les jours.

elections

Il y a les cyniques envers tout ce qui touche le monde de la politique. Ceux-ci, quand ils s’intéressent à la politique, c’est pour mieux la railler, la caricaturer et la vomir. Leur attitude se traduit généralement par un désintéressement des choses collectives qui prend racine dans une impression d’impuissance individuelle. Ces gens-là ne votent pas parce qu’ils pensent que les politiciens, tous des pourris, ne changeront rien.

Puis il y a les autres cyniques. Ceux-là, bien qu’ils estiment la chose politique, ne croient pas, ou plus, que les gens soient aptes à exercer leur droit et devoir de participation au sein de la société. Ils n’ont pas, ou plus, confiance. Ces gens-là ne votent pas parce qu’ils pensent que les citoyens, tous des individualistes, ne changeront rien.

Je n’ai jamais voulu devenir cynique. Toujours aimé la politique. Toujours pensé qu’à partir du moment où l’être humain a décidé de vivre dan une société organisée, où chaque être est interdépendant, la politique, les choses qui concernent la Cité, selon les Grecs anciens, devait impliquer tout un chacun qui habite la dite Cité.

Plus de deux mille ans après Périclès, on se retrouve devant le mystère de la poule et de l’œuf. Est-ce que les politiciens sont devenus minables parce que les citoyens le sont devenus aussi ? (On a les gouvernements qu’on mérite.)

Ou bien est-ce que les citoyens ont abandonné parce que les politiciens sont trop minables ? (Ce qu’avançait Laporte cette semaine.)

Ouf. Grande question.

Enquête publique

Dans l’immédiat, ce que je sais toutefois, c’est que les chances de voir une commission d’enquête publique sur la corruption et la collusion dans le milieu de la construction à Montréal se sont plus qu’amoindries dimanche. Le message envoyé au gouvernement Charest était on ne peut plus clair : plus de 60 % des Montréalais s’en sacrent.

Nettoyer l’abcès

Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux (en faveur d’une d’enquête publique), a récemment fait un sublime lapsus en parlant de la corruption dans le domaine de la construction. Il a parlé de « nettoyer » l’abcès, plutôt que de le « crever ».

On croirait que le Parti libéral du Québec a fait sien le lapsus de M. Généreux. Avec ses enquêtes policières et ses nouveaux règlements visant à resserrer les processus d’octroi de contrats de construction dans le monde municipal, le gouvernement va probablement nettoyer l’abcès, mais le crèvera-t-il ?

Le gouvernement Charest semble tout faire pour ne pas créer une enquête publique. Ce genre d’exercice fait parfois tomber les hauts responsables d’une situation immorale et illégale.

Un être cynique avancerait pernicieusement que le Parti libéral du Québec a bien trop peur d’être éclaboussé, si l’abcès venait à crever. Accurso n’a pas lunché qu’avec des politiciens municipaux, après tout. Tout cela alors que les firmes de génie-conseil ont leur belle place au soleil provincial.

Mais qui s’en soucie ? Le citoyen !?

Ha ha ha !, rétorquerait un autre cynique.

Peut-on faire confiance à La Presse ?

octobre 7, 2009 7 commentaires

Étude de cas: Le portrait de Richard Bergeron, chef de Projet Montréal.

Par Julie Nadeau Lavigne

Vous intéressez-vous aux élections municipales ? Moi, oui.

J’habite Montréal depuis cinq ans et, cette année, pour la première fois, me voilà dûment inscrite sur la liste électorale. Je lis les journaux, accumule des informations sur les programmes respectifs des principaux partis et fais connaissance avec les candidats de mon arrondissement.

Je lis en outre avec grand intérêt le blogue de Louis Préfontaine qui, cette semaine, mettait en relief le traitement (ou plutôt l’absence de traitement) réservé à Richard Bergeron dans les médias. Dans son billet, M. Préfontaine dénonce le fait que le chef de Projet Montréal, lorsqu’il n’est pas carrément boudé par les journaux et bulletins de nouvelles (sauf Infoman !), devient l’objet d’attaques grossières de la part de certaines journalistes de La Presse, notamment Lysiane Gagnon et Michèle Ouimet.

Celle-ci, dans l’édition du 5 octobre, faisait un portrait de Richard Bergeron. J’ai lu avec attention ce portrait et vous présente ici, pour la première fois, un essai d’analyse de discours ou, comme aiment le dire les Zapartistes, de « décodage de bullshit ». *

Richard Bergeron y est présenté comme un extrémiste aux « convictions fortes qui frisent l’obsession » : « urbain pur et dur », musulman (même s’il n’est pas pratiquant), adepte de la théorie du complot, et en plus il fume ! Enfer et damnation ! Tremblay et Harel fument-ils ? Vite, je veux le savoir, sinon comment pourrai-je faire un choix éclairé le 1er novembre ?

Mais je m’emporte. Soyons rationnels. Allons-y paragraphe par paragraphe.

L’introduction est somme toute classique et note la montée dans les sondages de Projet Montréal :

« Cet homme, dont la notoriété s’est longtemps limitée au Plateau Mont-Royal, donne du fil à retordre à ses rivaux, Gérald Tremblay et Louise Harel. Qui est Richard Bergeron ? Portrait d’un franc-tireur. »

Mme Ouimet nous apprend, tout en précisant qu’elle enfile ses bottes (???), qu’elle a « confessé » M. Bergeron pendant une heure et demie. Avec ce mot tout simple, le ton est donné : qui dit confession dit fautes. Elle aurait pu choisir de recueillir ses confidences ou de l’interroger.

Notez bien ici le champ sémantique religieux, qui sera récurrent tout au long du texte. Quelles sont les fautes de Richard Bergeron ? Le premier tiers de l’article y est consacré. D’abord, il fume. Ensuite, il a déjà écrit des choses discutables sur le 11 septembre 2001. Et la cerise sur le sundae ? Il est musulman :

«Il s’est converti à l’islam au début des années 90 pour épouser la femme de sa vie, Amina.

« J’avais 35 ans et j’ai eu le coup de foudre », a-t-il dit.

Amina est marocaine. Ils ont eu une fille qui est musulmane. « Je me suis converti par respect pour mes beaux-parents, mais je ne pratique pas, a-t-il précisé. Amina non plus. » »

Jusqu’ici, tout va bien. On comprend le parcours de M.Bergeron et les raisons de sa conversion. Les choses se gâtent lorsque Mme Ouimet se sent obligée d’ajouter :

« Ses belles-soeurs et sa belle-mère vivent au Maroc. Elles portent toutes le voile. »

Et sa belle-arrière-grand-mère, elle ? Portait-elle le voile ? Est-ce que le petit cousin de la deuxième génération prie cinq fois par jour ?

Et c’est ici que j’ai envie de dire : bullshit.

Richard Bergeron et son épouse sont musulmans non-pratiquants. Évidemment, l’islam n’est jamais modéré, tout le monde le sait. Aussitôt que quelqu’un, quelque part, mentionne l’islam, il faut dire que sa tante par alliance porte le voile. Même si tout ceci n’a absolument aucun rapport avec le candidat à la mairie de Montréal. NON PERTINENT.

Je pourrais continuer longtemps, mais je me contenterai de relever encore une ou deux manipulations sémiologiques de Michèle Ouimet. Après avoir parlé de l’enfance difficile de M.Bergeron, notre journaliste revient à la charge :

« Il a aussi des convictions fortes qui frisent l’obsession. Il est contre les autos, pour les transports en commun. C’est presque une religion. »

Religion ? Ah oui, c’est vrai, il est musulman. En plus, il a des convictions obsessives. Je commence à avoir peur.

« Obstination, un mot qui définit bien Richard Bergeron. »
Pas persévérance, pas ténacité, non : obstination.

Et finalement, une petite charge contre les intellos :

« R.B. a des diplômes longs comme le bras : baccalauréat en architecture, maîtrise en urbanisme, doctorat en aménagement. »

Notez ici le sens négatif subtil qui sous-tient toute la phrase. M. Bergeron ne possède pas une liste impressionnante de diplômes, il n’a pas étudié de manière approfondie des sujets qui sont au coeur même de l’aménagement et du développement d’une ville ; non, il a « des diplômes longs comme le bras ».

Ce texte s’avère donc un modèle de manipulation du lectorat et de mauvaise foi patente, deux éléments très peu dignes d’une journaliste.

Toute la première partie, déguisée en portrait de l’homme, est parsemée de subtiles connotations péjoratives. Ce n’est qu’à partir de la seconde partie qu’on apprend des faits véritablement pertinents sur la carrière de Richard Bergeron. Il est alors question du litige avec son ancien employeur pour des raisons de conflits d’intérêts. Enfin ! Voilà un sujet qui m’interpelle en tant qu’électrice qui aura à choisir son futur maire.

Mme Ouimet poursuit avec un résumé des tractations qui ont suivi l’arrivée de Louise Harel dans la course à la mairie et comment on a tenté de convaincre M. Bergeron de retirer sa candidature. De plus en plus intéressant.

Malheureusement, il m’est difficile d’accorder de la crédibilité à Michèle Ouimet après avoir lu la première partie de son article. Comment pourrais-je être sûre qu’elle ne tente pas de me manipuler ?

Presse_ne_pas_avaler
Source

Le mot de la fin : soyez vigilants. Il est si facile de faire dire ce que l’on veut aux mots.

*Si j’étais abonnée à La Presse, ceci pourrait devenir une catégorie à part entière du blogue…

L'UQAM in English, non merci !

septembre 3, 2009 Laisser un commentaire

Ça se fait déjà à l’Université Laval et au HEC. Il paraît que ça se fera bientôt à l’École polytechnique de Montréal.

Dès cet automne, des cours de gestion à l’UQAM seront dispensés en anglais. Le syndicat des professeurs est contre, y voyant une « marchandisation du savoir ». Leur convention collective, on ne peut plus claire, stipule que leur langue d’enseignement doit être le français. La politique linguistique de l’UQAM précise que le français doit être la langue officielle et d’expression commune.

Déjà que pratiquement toutes les matières - histoire, psycho, bio, philo, gestion, économie, administration, agronomie, communication, alouette – exigent des lectures obligatoires en anglais.

Mais la Ministre de l’éducation Michelle Courchesne, fidèle aux habitudes de son gouvernement, n’y voit bien sûr aucun problème.

– Allons, des cours obligatoires désormais offerts in english, c’est bon pour l’ouverture vers le monde, ça ! –

En autant que cela concerne des programmes ciblés et ne prenne pas des proportions exagérées. Pas de problème à de stade-ci, dit-elle en somme.

Question :

Si on accepte quelques cours in english aux départements de gestion, d’administration ou d’économie de nos universités québécoises francophones et publiques, comment refuserons-nous ensuite à d’autres départements de les imiter ? Où sera la limite ?

Quand cela deviendra-t-il inacceptable ?

Quand le pourcentage de cours offerts en français aura atteint 52, 6 % ? *

SkWhite

* Pourcentage d’habitats de Montréal qui ont le français comme langue d’usage, selon le recensement 2006 de statistique Canada.

……

À la Une de Cyberpresse avant d’aller dormir…

Des jardins et des villes

paru le mardi 23 juin 2009 dans Alternatives
par Amélie TENDLAND

Le toit d’un pavillon de l’UQAM, un site bétonné de l’est de
Montréal, un programme en réintégration sociale, une distribution de produits frais aux banques alimentaires ; l’agriculture urbaine au Québec se décline désormais en une foule de projets écologiques et solidaires.

Cette année, une soixantaine de jardins collectifs sont cultivés un peu partout au Québec. Contrairement aux jardins communautaires, ces potagers sont entretenus collectivement, plutôt qu’en lots individuels. Majoritairement implantés à Montréal (40), les jardins collectifs sont gérés par des groupes communautaires, sur des terrains urbains prêtés par diverses institutions publiques ou privées.

La Croisée de Longueuil Jardin collectif La croisée de Longueuil. RJCQ

« L’idée est qu’une communauté s’approprie un endroit qui ne lui appartient pas, qu’elle y fasse du jardinage et y développe de nouveaux espaces verts », explique Ismaël Hautecoeur, président du Regroupement des jardins collectifs du Québec (RJCQ) et responsable de l’agriculture urbaine chez Alternatives. Crée en 2007, le RJCQ s’est donné pour mission de soutenir et aider les initiatives de jardinage collectif dans la province.

Jardins solidaires

Apparus au Québec il y a plus de 10 ans, ces jardins solidaires, comme on les appelle en France, ont pour première vocation l’apprentissage des rudiments du jardinage, à l’aide d’un horticulteur animateur qui assure aussi la cohérence et la constance du potager. « On cherche à développer l’autonomie des gens, à lutter contre l’exclusion sociale, à favoriser la mixité sociale, à assurer leur sécurité alimentaire », précise M. Hautecoeur. Le tout avec une agriculture biologique pratiquée dans une optique écologique.

La mission de ces potagers collectifs ne s’arrête toutefois pas là. De nombreux jardins, souvent nés des tables de concertation en sécurité alimentaire, offrent des programmes adaptés aux besoins de la communauté dans laquelle ils sont implantés. La maison de quartier Villeray à Montréal gère par exemple des jardins collectifs entretenus par des élèves du primaire et du secondaire, ainsi que le jardin du HLM Pontbriand, destiné aux personnes âgées et à mobilité réduite. Au jardin collectif de Saint-Jérôme, on pratique la phytothérapie avec des personnes ayant des problèmes de santé mentale.

Certains potagers solidaires offrent également des programmes de réinsertion sociale. L’organisme La croisée de Longueuil offre depuis maintenant neuf ans une formation en horticulture. Peter Vorias, l’animateur horticulteur, explique que le cours « Horticulture maraîchère et ornementale écologique  » est ouvert à toute personne âgée de 18 à 65 ans. La formation de 300 heures est reconnue par la commission scolaire et financée par Emploi-Québec. «  C’est un très bon programme de réinsertion au travail. Cette année, nous sommes une quarantaine de personnes, bénévoles et étudiants, à cultiver le jardin de quatre hectares », précise M. Vorias.

La récolte des jardins collectifs est remise aux bénévoles qui y travaillent. Les surplus sont généralement refilés aux banques alimentaires du quartier. Certaines banques alimentaires possèdent par ailleurs leurs propres jardins collectifs. Par exemple, Moisson Québec en gère quatre, permettant ainsi aux plus démunis de la capitale d’avoir accès à des produits frais et locaux.

Sur les toits, sur les balcons

Depuis quelques années, l’agriculture urbaine au Québec ne se limite plus aux terrains, mais se pratique désormais, et de plus en plus, hors sol. Né en 2003, le projet Des Jardins sur les toits d’Alternatives offre la possibilité de pratiquer le jardinage dans des bacs à réserve d’eau sur les balcons, les toits et les sols contaminés. Responsable du projet chez Alternatives, Ismaël Hautecoeur indique que plus de 500 bacs ont été vendus ce printemps. Capteurs d’eau de pluie, ces bacs recyclés permettent de 3 à 5 jours d’autonomie en eau.

Dans le même esprit que les jardins collectifs, l’organisme s’occupe de plusieurs projets à Montréal et à l’étranger. Dans la métropole, le principal jardin de démonstration du groupe se trouve en plein cœur du campus McGill. Bénévoles et jardiniers y cultivent des légumes pour le service alimentaire de la popote du Santropol roulant. Alternatives a lancé également un potager sur le toit du pavillon de Design de l’UQAM, sur le toit du Patro le Prévost, un autre sur le toit d’un HLM à Outremont.

jardin UQAMUQAM

M. Hautecoeur précise que ces jardins de démonstration et d’expérimentation permettent d’offrir à la communauté (étudiants en aménagement urbain, membres d’une coopérative d’habitation ou simples citoyens) des modèles et une expertise pour cette agriculture novatrice.

Le choix de l’emplacement de certains jardins n’est d’ailleurs pas le fruit d’un hasard. « Avec McGill, nous avons ciblé un site prestigieux afin de changer la perception qu’ont les gens de l’agriculture, qui est trop souvent vue en ville comme une chose réservée aux pauvres. En mettant en valeur certains sites, nous voulions montrer l’esthétique des jardins urbains et casser les perceptions et les habitudes des gens  », explique M. Hautecoeur.

Selon l’architecte paysagiste, les choses vont bon train aujourd’hui pour l’agriculture urbaine dont le mouvement de base en né il y a maintenant 10 ans au Québec. « Il y a encore 5 ans, le projet Des jardins sur les toits apparaissait comme une aberration, maintenant, ces jardins poussent partout », conclut-il.

Pour en savoir plus: le regroupement des jardins collectifs du Québec.

Il fait beau dans l'métro

« Il fait beau dans l’métro.. et dans l’autobus, peux-tu en dire autant dans ton auto ?? »

Première campagne de pub pour la valorisation du Métro de Montréal en 1976.

Ils ont l’air tellement contents ! Et qu’est-ce qu’ils dansent bien !

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Guéguerre culturelle Québec-Montréal

Tout ça a commencé il y a environ un an. La ville de Québec venait de changer les têtes dirigeantes de son 400e. Soudain, tous les événements de la fête semblaient réussir. Soudain, les journaux de Montréal cessaient de brandir l’épouvantail du fiasco de 1984… Pour presque aussitôt comparer les « succès » de la Capitale à ceux de la Métropole. Tout à coup, les choses allaient bien à Québec. Tout à coup, les choses allaient mal à Montréal.

À l’heure qu’il est, il paraîtrait même que Montréal se meurt à côté de Québec. Paraît que le Moulin à images de Lepage et le Cirque du Soleil pourrait même déloger Montréal de son trône de métropole culturelle. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Robert Pilon, l’homme à la barre de la culture, Montréal, Métropole culturelle, à la Ville de Montréal. Et il n’est pas le seul à le dire. Certains médias, dont La Presse pour ne pas la nommer, s’en donnent à cœur joie.

Bullshit

Québec Haute-Ville de Québec. Photo de Régis Fournier. CCDMD

Ce n’est pas parce que les choses bougent à un endroit qu’elles stagnent à l’autre.

Montréal est la métropole et le sera toujours. Pas seulement la métropole culturelle, mais la métropole point. Tout court. Avec ses 36 000 spectacles, ses 3000 festivals, ses dizaines de langues, ses quartiers de tous les reflets de la planète, ses affluences, ses influences, ses reconnaissances planétaires. Ses deux millions d’habitants, banlieusards inclus. Comme l’écrit Foglia, elle est ingouvernable. Tout le monde, y peut être qui y veut ici. Peut-être parce que tout simplement, les gens aiment vivre sur cette île un peu tout croche, mais combien diversifiée et tolérante.

Certes, certains projets, artistiques ou pas, avortent à Montréal, mais à mon humble avis, les Montréalais ne choisissent pas trop mal parmi les projets « d’envergure » qui leur sont soumis. Entre vous et moi, l’argument du Casino sans cesse brandi par les businessmen culturels de Montréal, il commence à perdre en crédibilité.

En effet, Montréal ne vit pas ce que Québec vit depuis l’an passé. Ce qui est tout à fait normal. Même si Montréal inaugurait cette année un casino avec le Cirque, elle ne vivrait pas ce que Québec vit avec son Moulin et le Cirque. Come on ! On ne compare pas des pommes avec des oranges.

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Les débuts de la construction de l'îlot Voyageur à Montréal. Photo de Julie Nadeau-Lavigne.

L’an dernier, la Capitale a évité, on serait tenté de dire in extremis, que l’échec du 450e anniversaire de la venue de Jacques Cartier en 1984 ne se répète. À l’époque, l’événement qui devait faire affluer des milliers de touristes à Québec fut un cuisant échec pour la ville. Pendant quasiment 25 ans, les gens furent traumatisés : fini les dépenses inutiles, fini l’humiliation vis-à-vis Montréal.

Un 400e, un nouveau maire et un Red Bull Ice Crash plus tard et même les radios poubelles étaient dorénavant de la partie ! Tous derrière le « développement culturel » de la ville. Normal, le nouveau maire, Labeaume, est un homme d’affaires des plus efficaces et il a décidé d’orienter son plan d’affaires sur la culture. Tant mieux et enfin, aurais-je envie de dire ! Les gens à Québec sont contents que leur ville revienne sur la map.

Mais ce n’est pas parce que les événements feux d’artifice y pleuvent depuis un an que la ville de Québec a changé pour autant. Elle est toujours une ville d’un demi-million à majorité blanche, francophone, catholique et fonctionnaire, qui a cédé un peu contre son gré le Vieux-Québec-carte-postale aux touristes. Qui carburent toujours à la radio-poubelle. Plutôt monolithique, elle est. Il existe certes quelques bastions de résistance, mais on ne les entend guère à Montréal. Peut-être ne sont-il tout simplement pas intéressés à participer au débat qu’est cette prétendue rivalité culturelle entre les deux villes.

Faubourg St-Jean-Baptiste
Faubourg St-Jean-Baptiste, Québec. Photo de Denis Chabot. CCDMD

En effet, je n’ai jamais entendu, pas même le loufoque maire nouveau, quelqu’un de Québec prétendre vouloir prendre la place culturelle de Montréal. Au contraire… Les gens de Québec sont bien contents que leur ville ne soit pas Montréal. Et vice-versa, d’ailleurs.

En fait, il n’y a que les médias de Montréal qui semblent s’émoustiller avec cette question. Encore plus ces jours-ci, dans un contexte où des rumeurs de scandales planent sur l’administration municipale. Cette entreprise de dénigrement de la métropole québécoise cache-t-elle plus que la volonté d’augmenter les cotes d’écoutes et la vente de copies?

Culturellement, la Capitale stagnait depuis longtemps; elle semble reprendre du poil de la bête depuis peu et nous ne pouvons que nous en réjouir. Les touristes voulant voir cette renaissance passeront par Montréal à la même occasion.

La Métropole, depuis des décennies, n’a jamais stagné. Elle est encore et toujours une destination mythique pour le touriste, encore et toujours une ville unique pour ceux qui y habitent, qui y ont habité.

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Centre-ville de Montréal. Photo de David Giral.

Si vous n’êtes pas d’accord, peut-être devriez-vous arrêter un peu de lire et d’écouter les articles-chroniques-éditoriaux-reportages de nos médias. Prenez l’avion et allez un peu comparer avec ailleurs. On s’en reparlera après.

Le grain de sel de Julie

Mes villes

Dans mes villes l’aube traîne le pas pour s’aller mourir au creux des silos
En une journée tant de visages s’y perdent et croient se recroiser

Dans mes villes les départs se font à la nage, sans bouée
Et l’on y prend l’’autobus pour aller à la rencontre du silence

Dans mes villes le soir tombe aux ruelles ébahies
Débris de lumière guettant les éboueurs

Dans mes villes les gens rêvent en métro
S’arrêtant pour cueillir des étoiles aux plafonds des boulevards

Dans mes villes parfois j’ai coupé tous les ponts
Pour ne garder que tes doigts entre mes dents
Métal soyeux de l’incertitude
Parfois aussi j’ai habité des pièces closes, rideaux de plomb
Où ni le jour ni la nuit n’osaient cogner à ma porte

D’une ville à l’autre j’ai perdu le fil j’ai avalé trop de kilomètres
J’ai recraché une route anonyme

Ces jours-ci quand je reviens dans mes villes
Les fantômes me saluent franchement
Ils demandent de mes nouvelles, ils rient aux éclats
Ils ont fait disparaître le sang de mes yeux
Ils ont nettoyé pour moi toutes les cages d’escalier je gravis les étages sans trébucher

Dans mes villes maintenant je marche la tête haute
Avec des ailes rafistolées effleurant les pavés
Et je chuchote à qui veut l’entendre que mes nuits, si fragiles soient-elles
N’ont besoin de personne pour se tenir debout

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