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L'École de la vie

novembre 17, 2009 4 commentaires

Reçue par courriel : une anecdote de maman au terrain de jeux avec sa fille.

Par Mélanie

Cet après-midi, je suis allée me promener avec Maude, au parc près de notre maison.

Nous étions à peine arrivées, depuis 10 minutes, que la cloche de l’école primaire voisine s’est mise à sonner.

Ce n’était pourtant pas l’heure de la récré ?!

Mais v’la qu’une trâlée d’enfants (environ une vingtaine) débarque dans le parc comme un ouragan et s’approprie le terrain de jeu où nous étions.

C’était la MATERNELLE.

Ma première intuition a été: « Maude et si on rentrait à la maison?! ». Mais Maude ne semblait pas être trop perturbée par l’arrivée des « nouveaux amis », un peu plus grands qu’elle.

Elle voulait rester!

J’en ai profité pour me renseigner à l’éducatrice, qui est de 5 ans au moins ma cadette, sur le fonctionnement de la Maternelle.

Finalement, la jeune INSTITUTRICE a rapatrié son régiment d’ex-fœtus et est retournée à l’intérieur.

Soudain, ma fille s’est mise à pleurnicher. « J’ai perdu ma fusée! »

Et oui, ma fille a la mauvaise habitude de traîner toujours une partie de ses jouets avec elle. Dora, et d’autres personnages se bousculaient alors dans ses poches de manteau.

Ainsi qu’un aiguisoir en forme d’avion (alias sa Fusée…).

« Maman, ma fusée n’est plus là!!! J’ai perdu ma fusée !!!!! »

« Calme-toi Maude, on va la retrouver. L’avais-tu avec toi au parc ? »

parcSource

Elle me répond que oui!

Je me suis alors mise à chercher une « fusée » métallique de 2 pouces de couleur brun-pas-beau, dans un rayon de 20 mètres et ce, dans des copeaux de cèdres qui me rappelaient la cage de mes regrettées gerboises.

Et tout ça sous les yeux « dévastés » de ma progéniture qui m’offrait comme encouragement une sérénade de pleurs en mi-majeur !!!

« Maude, c’est pour ça que maman ne veut pas que tu amènes plein de choses… Tu as vu, c’est facile à perdre. »

Dans ma tête de maman, je me dis qu’elle l’a sûrement fait tomber par terre et qu’un « petit ami » a dû la ramasser.

Finalement, nous rentrons à la maison bredouilles…

…………………..

Nous voilà rendu le soir. Alors que je mets le pyjama à ma fille, elle me lance:

« Maman, le petit garçon a pris ma fusée dans ma poche, c’est ça qui est arrivé! »

QUOI?????

« Maude, pourquoi tu as fait chercher maman pendant 15 minutes alors? Pourquoi tu ne l’as pas dit à maman? Si tu m’avais dit que c’est un petit garçon qui te l’a prise, maman aurait fait en sorte qu’il te la redonne. »

(Il n’aurait pas eu le choix le p’tit crisse !!!)

Alors voilà!

Ma fille a été victime de son premier TAXAGE à 4 ans !!! Et sous les yeux de sa maman en plusse !

Et comme tout enfant timide, elle n’a rien dit de peur de se faire chicaner…

Heille ! J’ai tu hâte à l’année prochaine moué !!!

Quand la fusée va devenir de l’argent de poche, une montre ou un Ipod…

VIVE LA MATERNELLE !!!

Une maman qui n’a pas fini de se révolter contre des « p’tits crisses ».

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La forêt aux petits pieds

Deux amies de Québec, Mélanie Valiquette et Ariane Duchesne, après pratiquement 20 ans à avoir trempé dans le théâtre – en tant que comédiennes, profs, marionnettistes, clowns- et j’en oublie, ont récemment mis sur pied (enfin!) leur propre compagnie de production de théâtre:

Les productions Amstramgram

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Depuis juin, elles présentent leur première pièce destinée aux enfants âgées entre trois et huit ans: La forêt aux petits pieds. J’ai eu l’occasion de les voir à la St-Jean sur les Plaines…

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Il y a des moments où je dois avoir encore huit ans, car j’ai bien aimé !

Alors, n’hésitez-pas à aller voir leur site et à retenir leur nom. Vous en réentendrez parler !

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Petite histoire d’une ruelle

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Il y a longtemps que je n’avais rien pondu pour mon blogue. À ceux qui sont parfois passés par ici sans qu’il n’y eût de nouveau contenu, je m’excuse. J’avais d’autres chats à fouetter… Comme passer du temps avec vous, par exemple.

Pour fêter mon premier anniversaire dans la Métropole du Québec, je vous reviens aujourd’hui avec une petite histoire illustrée, celle de la ruelle du Docteur Julien.

Si vous habitez à Montréal, il y a de fortes chances pour que vous ayez déjà entendu parler du Docteur et de son organisme l’Assistance aux Enfants en Difficulté (AED). Depuis plus de 10 ans maintenant que le pédiatre social a ses bureaux au cœur d’un des quartiers les plus défavorisés au pays : Hochelaga. Ses bureaux ? Une clinique, des chambres pour recevoir les familles en difficulté, des locaux pour accueillir bénévoles et enfants lors de l’aide au devoir après les classes, une cours pour que les enfants puissent jouer, etc.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’AED, je vous invite à commencer par la visite du site de l’AED.

Appuyé par des donateurs généreux, par les médias, par les citoyens qui donnent lors de sa guignolée, le Docteur et l’infirmière communautaire Claudette Everitt, (co-fondatrice), ont cru dès le départ à l’efficacité et à la nécessité d’agir localement. Tout porte à croire qu’ils ne se sont pas trompés.

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Et la ruelle ?

Un des récents projets du Docteur Julien est le réaménagement de la ruelle de l’AED. Dans le monde des ruelles de Montréal, de Hochelaga, toutes les ruelles ne sont pas égales. Si certaines sont remplies d’arbres, de cours et d’enfants, d’autres ne sauraient être définies autrement qu’en employant les termes de glauques, de scraps, de ternes. Celle du Docteur faisait plutôt partie de la seconde catégorie, comme vous pouvez le constater.

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Jusqu’à ce que sa fondation (La Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale. FPPS) convainque la Ville de partager les frais pour réaménager la ruelle, celle-ci ressemblait donc à cela.

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Après deux rencontres, l’une avec les propriétaires des immeubles à logements des trois ruelles impliquées dans le renouveau de la ruelle, l’autre avec les locataires, la ruelle a subtilement débuté à se transformer.

Pour tout ceux qui travaillent à l’AED, l’objectif du réaménagement de la ruelle était clair : rendre la ruelle aux enfants.

Parce qu’avant le début des travaux, des enfants, dans la ruelle, il n’y avait aucun, ou si peu.

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Puis, un bon matin, des hommes et des camions sont débarqués, ont fait un boucan d’enfer pendant toute la journée et sont repartis. Ce fut la première étape: changer les égouts.

On ne le savait pas encore, mais les jours de l’unique graffiti de la ruelle étaient comptés. Ce dessin, nous ne saurons jamais ce qu’il représentait exactement: un soldat, un chasseur ?

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Quelques jours plus tard, les Messieurs (et la Madame) sont revenus avec leurs camions. Cette fois-ci, c’était l’asphalte qu’on venait rajeunir.

Juste ça, de l’asphalte neuf dans une ruelle. Dès la fin de la journée, on a vu ce qu’on ne voyait pas (ce qu’on ne voyait plus ?) dans la cours: des enfants avec leurs vélos, leur planches à roulettes et leurs trottinettes, jouer jusque tard dans la soirée… La réappropriation de la ruelle débutait déjà.

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Quelques jours plus tard, on réaménageait un stationnement situé à la jonction des deux ruelles: de la terre, du sable, une clôture: une aire de jeux.
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Le même jour ou presque, des hommes faisaient disparaître une des nique-à-feu de la ruelle: un vieux hangar tout décrépît comme il y en existe encore dans le quartier. Les trois autres de la ruelle sont toujours là.
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Finalement, le 20 juin arrivait en grand pas. Nous savions que ce vendredi-là, une soixante de bénévoles d’une firme du centre-ville débarquait.

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C’était le réaménagement Officiel, avec partie de hockey et conférence de presse. Malheureusement, nous n’étions présent que le matin, puis en fin de journée.

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Bien évidemment, tout n’est pas rose, orange et vert bonbons dans le quartier depuis que la ruelle l’est, elle. Mais il n’empêche que pour les 10-15 tit culs qui derrière chez moi jouent toute la journée, et tous les débuts de soirée tout de suite après le souper, ce gymnase en plein air est une chance incroyable.

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Qui, à 8 ou 10 ans, n’aurait pas rêvé d’avoir dans sa ruelles des animateurs qui te font jouer au hockey, au basket, à la chasse au trésor, à la guerre de pistolets à eau ?

Pour ces enfants d’Hochelaga, cette ruelle pourrait faire une sacré différence.

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Voilà, je vous laisse sur cette dernière image. La photo est prise sur l’heure du souper. En après-midi, la ruelle était pleine et quelques heures plus tard aussi. J’ai choisi de vous ne montrer que l’accalmie de l’heure du souper. Vous devez me croire sur parole : depuis sa transformation, la ruelle est pleine d’enfants, tout le temps.

Je n’ai pas encore photographié les enfants. Si vous insistez, j’irai. En attendant, je vous laisse le plaisir d’imaginer ces photos peuplées de la vue, du bruit et de la vitalité des enfants.

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Film Le ring: Les enfants d'Hochelaga

décembre 3, 2007 Laisser un commentaire

Un autre article paru dans Alternatives

Si ce n’est pas encore fait, allez vite voir ce film !

Entretien avec Anaïs Barbeau-Lavalette

Fiction documentée

Amélie TENDLAND

Avec son premier long métrage, Le ring, la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette signe une chronique sur l’univers chaotique de nombreux enfants du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Film ultra réaliste, Le ring raconte l’histoire du jeune Jessy, dont l’univers va bousculer à la suite du départ de sa mère héroïnomane. Entre un père qui tente maladroitement de garder soudée la famille et un frère et une sœur qui lorgnent du côté de la drogue et de la prostitution, Jessy va lui se tourner vers la lutte. Jusqu’à ce qu’il prenne conscience que la vie n’est pas un match de lutte… Entrevue avec une jeune cinéaste engagée.


Alternatives ─ Vous avez majoritairement réalisé des documentaires. Qu’est-ce qui vous a poussée à vous lancer dans la fiction avec ce premier long métrage ?

Ça m’a un peu tombé dessus par hasard. J’aime beaucoup le documentaire, mais j’avais aussi l’envie de toucher à autre chose. Outre le désir de toucher à un peu tout, je voulais rassembler plusieurs éléments du réel. Les personnages du film, je les connais tous, je les ai tous rencontrés sur le terrain. Le ring m’a permis de les rassembler dans une même fiction. Je voulais aussi rejoindre le plus de monde possible. Le documentaire ne bénéficie malheureusement pas d’une diffusion aussi large que la fiction.

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La cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette
photo: Pasacaline Lauze

A. ─ Vous avez tourné des documentaires sur des enfants de nombreux endroits sur la planète. Pourquoi avoir choisi de mettre en scène ceux du quartier Hochelaga-Maisonneuve ?

Je fais du bénévolat dans Hochelaga-Maisonneuve depuis sept ans. Je connais donc bien le quartier de l’intérieur. Je ne me serais jamais permis de faire un film sur un quartier que je ne connais pas. Je sentais que j’avais le droit d’en parler. Je voulais être l’intermédiaire de ces enfants, mettre le quartier sur la map. À Montréal, si tout le monde sait que ce quartier est défavorisé, on n’en parle jamais vraiment. Des petits « Jessy », il y en a plein à Hochelaga-Maisonneuve, ils existent, ici, juste à côté de nous.

A. ─ Comment votre expérience de documentariste a-t-elle influencé le film ?

Je n’aurais jamais pu faire ce film si je n’avais pas tourné avant des documentaires sur les enfants défavorisés du Sud. Ça m’a pris tous les enfants du monde pour prendre conscience de la réalité des enfants ici, dans ma ville. Cela a été plus facile d’aller à la rencontre des enfants défavorisés du Honduras que d’ici. J’étais d’ailleurs fâchée contre moi-même, fâchée de ne pas les avoir vus avant, de ne pas avoir pris conscience avant de la pauvreté des enfants juste à côté de chez moi.

Mon expérience en documentaire a aussi influencé la manière dont le film a été tourné. Je le voulais ancré dans la réalité, dans tous les aspects, que ce soit pour les costumes, le langage, pour ce qu’il y avait dans le frigo et aussi ce qu’il n’y avait pas. Par exemple, le lait qu’on voit dans le film n’est pas écrémé, parce que je sais pertinemment qu’on n’en retrouve pas dans les frigos du quartier…

Nous avons aussi travaillé l’ambiance sonore. Alors que généralement on fait disparaître les bruits de fond (musique du voisin, porte qui grince, voisin d’en haut qui marche), nous en avons au contraire rajouté. On sent ainsi que les voisins sont séparés par des murs en carton.

A. ─ Les enfants sont au cœur de vos réalisations. D’où vous vient cet intérêt ?

Je répondrais simplement que je suis vraiment bien avec les enfants. Ils sont vrais et je suis à mon meilleur avec eux. Il n’y a pas de masque. De plus, je crois qu’ils sont trop peu écoutés, comme les aînés d’ailleurs. Ils n’ont pas beaucoup de place dans la société, alors qu’ils auraient beaucoup à nous dire, à nous apprendre.

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photo: www.christalfilms.com

A. ─ Comment avez-vous déniché le jeune comédien Maxime Desjardins-Tremblay, l’interprète de Jessy ?

Nous l’avons d’abord filmé un peu par hasard, Arnaud Bouquet et moi, lors de la réalisation du documentaire Si j’avais un chapeau, il y a quelques années. À l’époque, nous avions tourné un match de lutte dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve et il y avait là un garçon de 10 ans qui criait plus fort que tous les autres. C’était Maxime. Pour Le ring, nous lui avons fait passé six auditions. C’est beaucoup, mais nous voulions être sûrs qu’il serait à la hauteur, car la réussite du film reposait entièrement sur son interprétation du rôle de Jessy. Nous avons beaucoup travaillé avec lui. Contrairement à ce qui se fait d’habitude, nous avons fait les répétitions sur les lieux de tournage, avec une caméra.

A. ─ Pourquoi la lutte ?

D’abord parce que la lutte est un véritable phénomène dans le quartier, une sorte de catharsis. Ensuite, parce que le ring symbolise le quartier, la vie du personnage de Jessy. Contrairement à la lutte, Jessy va se rendre compte que tout n’est pas prédéterminé, qu’on a le choix, qu’on peut décider de ne pas être un éternel loser.

A. ─ D’après vous, le film a-t-il une portée universelle ?

Il semble que oui et je ne m’attendais pas à cela. On dit que plus c’est local, plus c’est universel. Je réalise de plus en plus à quel point c’est vrai. Le film a été présenté en Corée du Sud et la salle était bondée, il y avait plein de gens qui posaient des questions. Il y a donc aussi des petits Jessy coréens. Jessy peut être n’importe quel jeune garçon issu d’un milieu pauvre de la planète, et Hochelaga-Maisonneuve est l’exemple de n’importe quel quartier défavorisé.

A. ─ Qu’espérez-vous qu’on retienne du film ?

J’espère que nous allons parler davantage de ces enfants, que nous allons les raconter, qu’ils ne seront plus ignorés. J’aimerais également provoquer une volonté d’engagement, donner une réponse à ceux, nombreux, qui ont une volonté d’agir, qui se demandent : « Mais qu’est ce qu’on peut faire ? » Il existe déjà de nombreux organismes dans le quartier dans lesquels on peut s’impliquer. Par exemple l’AED (Assistance aux enfants en difficulté), dans lequel je suis impliquée, permet de parrainer un enfant, on peut également faire de l’aide aux devoirs, etc.

A. ─ Et quels sont vos projets actuellement ?

En ce qui concerne Le Ring, je pars sous peu le présenter en Inde. Il sera également présenté au Festival international du film de Berlin en février prochain. Je travaille sur un documentaire coréalisé avec Émile Proulx-Cloutier, Les petits géants. Le projet consiste à suivre pendant un an des enfants du sud-est de Montréal qui montent un opéra de Verdi. Enfin, j’ai déjà un scénario sur les rails pour un deuxième projet de long métrage, sur la Palestine, celui-là.

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