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Démocratie saisonnière

Comme la nature passe de l’automne à l’hiver, puis du printemps à l’été, on a parfois l’impression que l’espèce humaine joue au même jeu, suit la même logique.

Alors que les peuples arabes vivent leur printemps, l’occident vit quant à lui son hiver démocratique : tout le monde crie à la mort de la démocratie, à sa carence d’efficacité, à son détournement au profit des oligarques, à sa corruption.

(Oligarchie : « Système politique dans lequel le pouvoir appartient à un petit nombre d'individus ou de familles, à une classe sociale restreinte et privilégiée ».)

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Les occidentaux – leurs gouvernements en première ligne – n’ont pas su voir venir le printemps « démocratique » ou « révolutionnaire » des pays du monde arabe. Non pas seulement à cause de leurs intérêts pétroliers et économiques dans ces régions, mais aussi parce que leurs systèmes politiques ne sont plus, depuis longtemps, que l’ombre de l’ombre du système démocratique auquel aspirent les hommes et femmes arabes qui manifestent actuellement au péril de leur vie.

Depuis le début de la révolution tunisienne, j’ai beaucoup discuté Révolution avec des gens de la Tunisie. La majorité – mais pas tous ! – d’entre eux ignorent le débat sur le prétendu déficit actuel de la démocratie occidentale, qu’il soit québécois, français, grec ou américain. J’ai beau leur dire que le gouvernement ici, ne nous torture pas, mais nous endort d’autant mieux, c’est comme parler à un homme atteint de la fièvre du printemps.

Lorsque je serai en Tunisie, en entrevue avec des gens qui y ont pratiquement laissé leur peau, comment pourrais-je leur expliquer qu’en moyenne moins de 60 % de gens votent depuis les 10 dernières années au Canada ? Et que ce sont surtout les jeunes qui font baisser la moyenne ?

Comment leur expliquer qu’au Québec, où les manifestations ne sont en aucun cas réprimées par des balles réelles et des bombardements, la dernière manifestation la plus nombreuse dénombrait environ 60 000 personnes sur une population de 7 millions et visait le retour d’une équipe de hockey ?

Il est peut-être un peu là le malaise de l’occident, non ?

Les Arabes sont dans la rue à exiger de leurs gouvernements ce que nous pourrions légalement, sans danger, légitimement, sans crainte, exiger de nos gouvernants, si nous n’étions pas si occupés à se regarder le nombril numérisé sur notre grand écran plasma.

J’espère que les Tunisiens ne me poseront pas trop de questons sur la démocratie à l’occidentale. Ou bien je leur mens, ou bien je les invite à ne pas trop nous imiter.

Qu’ils amènent leur printemps jusqu’à l’été, peut-être qu’un jour, ça nous fera sortir de notre hiver.

Le pétrole de Kadhafi

février 24, 2011 Laisser un commentaire

Lorsque les manifestions ont commencé en Egypte, on a dit que l’Égypte n’était pas la Tunisie. Depuis que la révolution lybienne est commencée, on se garde un peu plus de le dire, mais on pourrait pourtant le faire : la Lybie n’est pas la Tunisie, ni l’Égypte : elle produit du pétrole.

Sur les 212 pays producteurs de la planète, le pays du cinglé Kaghafi se hisse au 18e rang, contre 28 pour l’Egypte et 58 pour la Tunisie.

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De quoi ralentir les condamnations de l’occident, l’Europe en particulier. Pendant ce temps, plus de 1 000 personnes auraient péri en une semaine.

De quoi également alarmer les investisseurs et spéculateurs du merveilleux monde de la finance : voilà que la rue arabe fait s’enflammer le prix du baril de pétrole.

Ou la-la ! Le baril pourrait encore dépasser les 100 $ !

Et voilà l’occident qui jure à la pompe, en faisant le plein de sa voiture de l’année. Elle est toutefois plutôt mal placée cette fois-ci pour se plaindre : après tout, des êtres humains manifestent et meurent, pour une liberté qui ressemblerait en tout point à la liberté de l’occident. En plus, elle est plutôt jalouse, l’occident. Depuis longtemps, elle n’a plus le courage au ventre de faire dégager les pourris qui la gouvernent.

Et, ironie de l’histoire, alors que le prix du pétrole augmente depuis trois jours, celui des denrées alimentaires (celui-là même qui, par son augmentation flagrante, a lancé le printemps arabe), diminue.

Vous payez plus cher votre essence, l’Arabe paye moins cher ses céréales.

Voilà l’expression « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre » mondialisée.

P.S. : On n’en parle pas trop dans nos médias, mais l’effet domino se fait aussi sentir hors du monde arabo-musulman, au Sud du Sahara, notamment.

Dégagez ! caricatures choisies

février 3, 2011 Laisser un commentaire

Décidément, le printemps arabe inspire les caricaturistes ! Je vous offre donc ces sublimes dessins, à défaut d’écrire. Parfois, il vaut mieux se taire. Mais vous ne payez rien pour attendre. De grands textes s’en viennent.

D’abord, un petite caricature, en clin d’oeil à celle-ci et à celle-là.

(Le RCD est LE parti politique de la Tunisie, celui de Ben Ali. Alors que les médias sont maintenant tournés vers l’Égypte, les Tunisiens sauront-ils éradiquer leur pays de la vermine tapie dans l’ombre ?)

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Une autre, de Baudet: Charest et la rue arabe…

source

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Et deux autres, pour finir : De l’utilité des médias sociaux.

D’un certain Hajjaj:

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Et enfin, toujours et encore Côté, du Soleil.

Plus que jamais, une image vaut mille mots (maux).

Moubarak dégage !

janvier 29, 2011 Laisser un commentaire

La quatrième journée de manifestations en Égypte aura portée le nombre officiel de morts à près de 30 et celui des blessés à plus de 1000. Sans compter des centaines d’arrestations. Moubarak a annoncé la dissolution de son gouvernement et il a promis des « réformes démocratiques ».

Ben oui, on le croit.

Ben Ali avait fait la même chose et il a quitté la Tunisie le lendemain…

C’est toutefois mille fois plus complexe en Égypte qu’en Tunisie. Et contrairement au régime de Ben Ali, celui de Moubarak jouit toujours du soutien de Washington.

Ça promet…

J’ai besoin d’une caricature, moi.

Charest et sa commission Bastarache

janvier 21, 2011 Laisser un commentaire

Une caricature de ce matin, d’abord:

André-Philippe Côté, toujours et encore.

Puis la photo en Une du Devoir:

Félicitations pour ce portrait au photographe Mathieu Bélanger de Reuters

Ça ne fait pas un peu peur ?

Bonne année ! blague cynique en prime

On l’a dit et redit. Les revues de l’année nous l’ont démontré avec brio (mention spéciale pour les Zapartistes), 2010 aura été l’année du cynisme. Cynisme de nos politiciens, cynismes de vous, de toi, moi et vous autres.

Pour 2011, je nous souhaite d’en revenir de notre maudit cynisme (cyclique, il en a déjà vu d’autres) et de passer à autre chose.

Informons-nous, lisons et respectons notre putain de devise : « Je me souviens ».

Bref, faîtes votre boulot de citoyens et lâchez-moi avec la maudite droite ! À se vautrer dans le cynisme, à espérer de la droite, c’est dans la marde que vous allez vous retrouver.
plus sur la caricature

Sur ce, Bonne année. Et en prime, une mauvaise blague:


C’est l’automne. Un autobus emmène les principaux dirigeants du Parti libéral à leur congrès à Québec. Soudain, les roues de l’autobus glissent sur une plaque de glace sournoisement cachée sous une fine couche de neige. L’autobus percute un sapin sur une terre de Lotbinière et est complètement bousillé.

Réveillé par le bruit strident de l’accident, l’agriculteur à qui appartient la vaste terre, sitôt arrivé sur les lieux, s’empresse de creuser un trou et d’enterrer les politiciens.

Quelques heures plus tard, un policier de la SQ passe sur la route et aperçoit l’autobus écrasé. Il se presse alors de demander à l’agriculteur où sont passés tous les politiciens. Le vieil agriculteur lui répond alors qu’il les a tous enterrés près du puits de forage…

Le policier demande alors au vieil homme : « Mais étaient-ils tous morts ?? » Et l’agriculteur de lui répondre : « Ben, certains d’entre eux prétendaient qu’ils n’étaient pas morts, mais vous savez comment les Libéraux sont menteurs ! »


Joyeux et gai Noël…

décembre 24, 2010 Laisser un commentaire

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Halloween !

octobre 31, 2010 Laisser un commentaire

Encore et toujours André-Philippe Côté, du Soleil.

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Le recensement conservateur

juillet 23, 2010 1 commentaire

On en parle depuis quelques jours : Le Gouvernement Harper a décidé de rendre facultatif le fait de remplir le formulaire long envoyé à 20 % de la population, lors du recensement de Statistique Canada qui a lieu tous les cinq ans.

Ce formulaire « long », permet de dresser un tableau honnête de la population sous tous ses angles, qu’ils soient économique, culturel, politique, social, linguistique, etc.

Bado, Le Droit, le 5 juillet 2010.

Le gouvernement Harper justifie sa décision en disant que la vie privée des « Canadiens et Canadiennes » n’est pas respectée, si l’on oblige 20 % d’entre eux à remplir le formulaire tous les 5 ans (même si ce n’est les mêmes, d’une année à l’autre).

C’est pousser un peu fort (et c’est surtout voler ses idées à la pure droite des États-Unis).

Tout le monde, TOUT LE MONDE, excepté Harper, son gouvernement et les riches wanna be American de l’Alberta, est en désaccord avec cette nouvelle mesure. Depuis des années, il y a eu si peu de plaintes à propos de ce formulaire long, que l’on pourrait même ne pas en parler ici.

Aujourd’hui, Munir Sheikh, le grand patron de Statistique Canada, a démissionné de façon fracassante. Son devoir de réserve de fonctionnaire ne lui permet pas de critiquer, de donner clairement son avis. Mais ça ne prend pas la tête à Papineau pour lire entre ses lignes.

La vaste enquête qu’est le recensement quinquennal de Statistique Canada est utilisée par nos scientifiques, nos penseurs, nos politiciens, nos experts, nos spécialistes. Elle est notamment cruciale afin d’établir des politiques sociales efficaces.

En décidant de rendre le formulaire facultatif, tout en l’envoyant à plus de personnes, il apparaît clairement que le gouvernement conservateur tente de rendre le portrait des Canadiens moins représentatif.

Les riches de ce pays, les bien nantis, les ceux qui ont le temps et qui sont fiers de leur réussite, vont certainement prendre le temps de remplir le maudit questionnaire. Le pauvre, la marginale, l’immigrée, le minoritaire linguistique, peut-être pas.

J’ai bien hâte de voir le prochain portrait du « plus meilleur pays du monde ». Il sera tout à coup plus reluisant. Gageons que le gouvernement Harper dira que le tableau s’est nettement amélioré grâce à son arrivée au pouvoir.

Aux chiffres, je le redis encore, on peut faire dire n’importe quoi. Imaginez ce que l’on peut leur faire dire avec un brin d’idéologie mal placée et sans aucune méthodologie.

Jean Charest au Ciel

mai 7, 2010 1 commentaire


(Blague reçue par courriel. Je crois qu’il s’agit d’une vielle blague réactualisée pour les besoins de la cause. Il faut dire qu’elle lui sied comme un gant.)

Jean Charest meurt accidentellement.

Il est accueilli au Paradis par Saint-Pierre qui lui dit :

« Bienvenu ! Je suis fort étonné de te voir ici… Nous ne voyons que si rarement des Libéraux débarquer ici, que nous ne savons pas trop quoi faire de toi. Enfin, le Grand Patron veut que tu passes un jour ici et un jour en Enfer.

Ensuite, tu décideras de l’endroit où tu veux rester pour l’éternité. »

« Mais j’ai déjà décidé. Je veux rester au paradis », répond alors M. Charest.

« Je suis désolé, mais nous avons nos règlements. »

Saint-Pierre le conduit donc vers l’ascenseur en direction de l’Enfer.

Quand la porte s’ouvre, Jean Charest se retrouve sur un magnifique terrain de golf vert. Le soleil brille dans un ciel sans nuage et il fait un parfait 25 degrés sans aucune humidité.

Il retrouve alors ses amis Trudeau, Gagliano, Harris et Accurso en face d’un magnifique Club House. Toute la famille libérale est là également. Tout le monde accourt pour saluer Jean et l’embrasser. Ils placotent et se commémorent les bons coups du passé.

Ils jouent ensuite une partie de golf et terminent la journée en dînant au homard et au caviar.

M. Charest, d’abord hésitant, trinque avec le diable et finit par trouver le personnage sympathique. Il est gentil et raconte de bonnes histoires, il est bon joueur de tours.

Ils s’amusent tellement qu’ils ne voient pas la journée passer. Arrive néanmoins le soir. Jean Charest salue tous ses amis, les serrent dans ses bras, puis reprend l’ascenseur qui monte vers le Ciel.

Saint-Pierre l’accueille à la sortie.

« C’est maintenant le temps de visiter le Ciel », dit le vieil homme en lui ouvrant la porte du Paradis.

Jean Charest se retrouve alors en compagnie de Lévesque, Bourgault, Frère André et Khadir. Ils discutent littérature et histoire, ils sont bienveillants et courtois les uns envers les autres. Ils ne font aucune blague cochonne. Aucun moyen de parler d’argent !

Le restaurant où ils mangent est ordinaire et comme tous ces gens sont pauvres, Charest n’a aucune connaissance autour de lui. Personne ne le reconnaît !

Pire ! Jésus est une espèce de hippie qui ne parle que de paix éternelle ! Répétant ses vieilles rengaines :

« Chassez les marchands du Temple… Il sera plus difficile à un riche d’entrer dans mon royaume qu’à un chameau de passer par le chas d’une aiguille », etc.

La journée terminée, Saint-Pierre revient :

« Alors Jean, tu dois maintenant choisir »

Charest réfléchit un instant et dit :

« Bon, je n’aurais jamais pensé faire ce choix. Je trouve le paradis intéressant, mais je crois néanmoins que je serai plus à l’aise en Enfer avec mes amis. »

Saint-Pierre l’escorte alors jusqu’à l’ascenseur et Jean redescend en Enfer.

Quand la porte s’ouvre, il se retrouve dans une vaste plaine brûlée et stérile, remplie de vidanges et de déchets toxiques.

Il aperçoit alors tous ses amis en guenilles, enchaînés les uns aux autres, en train de ramasser les déchets avec de grands sacs noirs. Les mains et le visage noirs de saleté, ils se plaignent de leurs supplices.

Le diable s’amène alors, posant son bras velu et puant sur l’épaule du nouveau.

« Je ne comprends pas, balbutie Jean Charest. J’étais ici hier, il y avait le plus beau terrain de golf inimaginable, un Club House incroyable, de l’alcool et de belles femmes. On s’est tous follement amusés !

Aujourd’hui, je ne vois qu’un désert d’immondices où tout le monde est misérable. »

Le Diable le regarde, lui sourit et lui susurre à l’oreille :

« Écoute Jean, hier, nous étions en campagne électorale. Aujourd’hui, tu as voté pour moi ! »