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Le Québec en politique et en humour. Par Emmanuel Bilodeau

juillet 23, 2011 4 commentaires

Toujours pensé que l’humour, quand il se pratique au 2e et 3e degrés., pouvait dire mieux que n’importe quel discours politique, sérieux et prétendument pédagogique. Merci à à M. Bilodeau. Voilà résumé l’ensemble des malaises du Québec actuel. Un Zapartiste !

Je n’ai pas du tout envie de quitter la Tunisie, mais cette vidéo me rend néanmoins heureuse du fait que lorsque je rentre chez moi, c’est au Québec que je reviens 🙂

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Bonne année ! blague cynique en prime

On l’a dit et redit. Les revues de l’année nous l’ont démontré avec brio (mention spéciale pour les Zapartistes), 2010 aura été l’année du cynisme. Cynisme de nos politiciens, cynismes de vous, de toi, moi et vous autres.

Pour 2011, je nous souhaite d’en revenir de notre maudit cynisme (cyclique, il en a déjà vu d’autres) et de passer à autre chose.

Informons-nous, lisons et respectons notre putain de devise : « Je me souviens ».

Bref, faîtes votre boulot de citoyens et lâchez-moi avec la maudite droite ! À se vautrer dans le cynisme, à espérer de la droite, c’est dans la marde que vous allez vous retrouver.
plus sur la caricature

Sur ce, Bonne année. Et en prime, une mauvaise blague:


C’est l’automne. Un autobus emmène les principaux dirigeants du Parti libéral à leur congrès à Québec. Soudain, les roues de l’autobus glissent sur une plaque de glace sournoisement cachée sous une fine couche de neige. L’autobus percute un sapin sur une terre de Lotbinière et est complètement bousillé.

Réveillé par le bruit strident de l’accident, l’agriculteur à qui appartient la vaste terre, sitôt arrivé sur les lieux, s’empresse de creuser un trou et d’enterrer les politiciens.

Quelques heures plus tard, un policier de la SQ passe sur la route et aperçoit l’autobus écrasé. Il se presse alors de demander à l’agriculteur où sont passés tous les politiciens. Le vieil agriculteur lui répond alors qu’il les a tous enterrés près du puits de forage…

Le policier demande alors au vieil homme : « Mais étaient-ils tous morts ?? » Et l’agriculteur de lui répondre : « Ben, certains d’entre eux prétendaient qu’ils n’étaient pas morts, mais vous savez comment les Libéraux sont menteurs ! »


Le Procès des Cinq et autres litiges

octobre 14, 2010 1 commentaire

Bon, je sens la fin du régime du gouvernement Charest. C’est lourd, et j’ai le cynisme facile. Pas facile de revenir me commettre ici.

J’ai pourtant tant de choses à dire sur les gaz de schiste, la commission Bastarache, la loi 103, le bonhomme Carnaval, Statistiques Canada, les « je me souviens plus en je m’en calice » de la crise d’octobre, la corruption/collusion/construction et le fameux retour hypothétique des Nordiques.

Dans la mer des causes à soutenir, au Québec, au Canada, en Amérique et dans le monde surmondialisé, j’ai actuellement la nette impression que ma grande gueule, même si je la fais crier du plus fort et du plus strident que je peux, ne se fera pas entendre, criera dans le vide.

Y’a tellement de causes à soutenir, que l’on se contente de cliquer sur celles qui nous touchent plus ou moins sur Facebook, et puis c’est tout.

Non à la loi 103; la loi 101 n’est pas à vendre

Regardez par exemple la page FB qui s’oppose à la loi 103 : plus de 4 000 membres. Le lundi 18 octobre prochain, une manifestation contre cette loi pernicieuse aura lieu devant les bureaux du Premier Ministre Charest. Si nous y sommes 4 000, ça sera incroyable. Les organisateurs seront contents, mais le gouvernement ne bougera pas d’un poil. Si nous étions 50 000, peut-être. Mais qui prendra le temps ? Pourtant, la cause interpelle de nombreuses personnes, toutes générations confondues.

Pour un moratoire sur les gaz de schiste

Regardez la pétition(signez-la !!) qui circule depuis quelques jours pour un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste. On n’est pas loin de 10 000 signatures. Pas mal, mais c’est encore loin des 50 000 personnes qui se sont déplacées sur les Plaines pour le retour des Nordiques, le samedi 2 octobre dernier.

Ah ! Si les gaz de schiste avaient une chance de faire les séries contre les Canadiens de Montréal !

Je l’ai dit plus haut, j’ai le cynisme facile…mais pas exhaustif.

Je suis cynique, lorsque j’ai la nette impression que l’on me prend pour une valise. Et disons que j’ai l’impression que ça arrive pas mal trop souvent depuis la fin de l’été.

Quelques mots sur la (sur) couverture médiatique des 40 ans de la crise d’octobre.

Si vous lisez les journaux, si vous écoutez les chaînes de télé, d’information, vous ne pouvez pas ne pas en avoir (re) entendu parler.

Des reportages, des entrevues, des enquêtes, un roman, des textes, des idées, ont revisité le pourquoi du comment des mesures de guerres promulguées contre les indépendantistes, il y a 40 ans dans la Province of Québec.

Dans ce trop plein d’informations reconsidérées, repensées et réactualisées, un événement a pratiquement été passé sous silence par les médias : Le procès de Cinq, présenté par les Zapartistes début octobre au Lion d’Or.

Le lendemain, dans les « vrais » médias écrits de Montréal, un seul journaliste, en lock-out de Québécor, en a parlé.

C’est tout dire.

Je ne connais pas les détails de l’affaire, mais toujours est-il que Lux Éditeur a décidé de publier des extraits du Procès des Cinq.

(Pour faire une histoire courte, le Procès des Cinq a eu lieu début 1971. Il mettait en cause cinq hommes, dont Michel Chartrand et Pierre Vallières, alors accusé de « conspiration séditieuse ». Le procès fédéral s’est finalement terminé sur un non-lieu.)

Comme par magie, les conséquents Zapartistes ont découvert le texte. La Zapartiste de l’ombre Nadine Vincent a un peu condensé le texte. Sur la scène du Lion d’or, Patenaude, Parenteau et Vanasse nous ont offert ce brillant aperçu du verbatim. Un texte sans retouche. Sans retouche, car nul besoin d’en rajouter : le texte parle de lui-même, avec notamment ses clins d’œil à la Commission libérale Bastarache.

Les sources

Quand j’étudiais l’histoire ancienne, j’étais (et je le suis toujours) fascinée par les Anciens, par ce qu’ils avaient tenté, inventé, imaginé, afin de vivre ensemble. Bref, j’avais le « je me souviens », bien élastique. J’ai tenu à commencer par le début, quitte à faire un détour de 2 500 ans.

Lorsque l’on s’intéresse à l’histoire, on apprend vite qu’il est des plus hasardeux de parvenir à une vision claire du déroulement des événements de notre recherche. Les sources nous disent bien ce qu’elles veulent et l’objectivité est une chimère.

Mais, contrairement aux écrits de Homère le romancier, de Platon le philosophe, de Aristophane le dramaturge ou de Thuycidide l’historien, les écrits des rhéteurs (plaideurs professionnels) nous offrent un aperçu plus brut.

En histoire, les comptes-rendus sans fla-fla de procès ont des avantages que les autres textes d’une même époque n’ont pas. Nous pouvons y découvrir qui – du clan x ou du clan y – a gagné son procès. Nous pouvons y lire les arguments qui ont fait pencher les jurés. Dans certains cas, nous pouvons même savoir comment l’assistance a réagi. On a l’impression de vraiment tâter le pouls de l’époque.

C’est un peu ce que les Zapartistes nous ont donné à voir sur scène avec le Procès des Cinq de 1971.

En lisant le Procès de Cinq, on ne comprend certes pas tout, mais on lit simplement, sans plus ni moins, comment cinq Québécois, debout et sans langue de bois, se sont défendus dans la foulée des dérives d’octobre 1970.

Enfin !

On espère que les Lux Éditeur récidivera avec la publication d’autres procès.

Le Procès des Cinq, Lux Éditeur.


Les Zapartistes, à l’Anglicane à Lévis le 15 octobre et en supplémentaire au Lion d’Or à Montréal le 20 octobre.

Dimanche solidaire

Citoyens de Québec et des environs, une manifestation contre le budget du gouvernement Charest est prévue demain.

Les détails ici.

Citoyens de Montréal et des environs, un événement, le moulin de la loi 101, est prévu demain pour la défense de notre langue.

Les détails ici.

Parce que toutte est dans touttte, ces deux événements relèvent d’une même volonté. Celle de freiner la régression tranquille, celle d’affirmer que nous tenons à notre société solidaire. Alors, citoyens en congé, lâchez vos petites bulles et allez-y ! Vous ne voulez pas priver vos enfants ou petits-enfants de ce dont vous avez vous-même bénéficié !

Vous avez le choix et vous pouvez faire une différence.

En attendant, je ne peux m’empêcher de vous faire cadeau de ce nouveau bijou des Zapartistes.

Show solidaire pour les lock-outés

janvier 27, 2010 2 commentaires

On n’en a guère parlé dans les médias (allez donc savoir pourquoi…), mais le premier anniversaire du lock-out au Journal de Montréal a été souligné dimanche dernier avec un spectacle fort inspiré et inspirant: le Show du cadenas.

Comme le site Web des lock-outés le soulignait, plusieurs artistes ont donné leur appui aux syndiqués de JDM, au risque de se mettre à dos l’empire Quebecor.

J’avais vu les lock-outés du Journal après six mois de conflit. Leur force, leur détermination et leur solidarité m’avaient impressionnée. Après un an, le moral semble toujours aussi bon, sinon mieux. Pour cela, je leur dis bravo !

Le hic, c’est que PKP ne semble pas vouloir plier.

Les ventes du Journal n’ont pas bougé depuis un an…

Je me répète donc : le seul moyen de faire bouger l’Empereur, c’est de s’attaquer à la seule chose qui l’importe : son portefeuille. Et dans le cas qui nous intéresse, cela doit se traduire par une baisse significative, drastique, du tirage du JDM.

Peut-être que cela ne suffira pas, mais on aura au moins le mérite d’avoir essayé et d’avoir signifié à Citizen Karl que l’on ne veut pas d’une information produite par ses valets.

Un peu de solidarité, bordel !

Je vous laisse avec des photos du spectacle.

Les Loco Locass nous ont offert a cappella quelques extraits de leur prochain album (on l’attend avec impatience).
À ceux qui s’inquiétaient face aux rumeurs que cet album serait moins politique que les précédents, rassurez-vous : les quelques extraits entendus dimanche portaient toujours avec autant de poésie et de talent la flamme politique du Québec.

La superbe Louise Forestier et le groupe de son fils, El Motor. Wow ! La Dame a demandé à PKP de faire preuve de compassion…

Le très drôle Urbain Desbois. On se demande s’il est chanteur ou humoriste, celui-là. En tous les cas, il joue très bien avec les mots.

Les très de bonne humeur Tricot machine.

Et enfin, Richard Desjardins est venu nous chanter quelques-unes de ses nouvelles chansons. L’album devrait sortir l’an prochain. Faut-il vraiment préciser qu’elles étaient toutes sublimes ?

Je ne saurais conclure sans souligner la présence de Christian Vanasse des Zapartistes, en tant qu’animateur de la soirée. Il nous a également offert, pour notre plus grand plaisir, son imitation de PKP. C’est le meilleur !

* Mille mercis à Danielle Antaya qui m’a fourni ces photos.

Peut-on faire confiance à La Presse ?

octobre 7, 2009 7 commentaires

Étude de cas: Le portrait de Richard Bergeron, chef de Projet Montréal.

Par Julie Nadeau Lavigne

Vous intéressez-vous aux élections municipales ? Moi, oui.

J’habite Montréal depuis cinq ans et, cette année, pour la première fois, me voilà dûment inscrite sur la liste électorale. Je lis les journaux, accumule des informations sur les programmes respectifs des principaux partis et fais connaissance avec les candidats de mon arrondissement.

Je lis en outre avec grand intérêt le blogue de Louis Préfontaine qui, cette semaine, mettait en relief le traitement (ou plutôt l’absence de traitement) réservé à Richard Bergeron dans les médias. Dans son billet, M. Préfontaine dénonce le fait que le chef de Projet Montréal, lorsqu’il n’est pas carrément boudé par les journaux et bulletins de nouvelles (sauf Infoman !), devient l’objet d’attaques grossières de la part de certaines journalistes de La Presse, notamment Lysiane Gagnon et Michèle Ouimet.

Celle-ci, dans l’édition du 5 octobre, faisait un portrait de Richard Bergeron. J’ai lu avec attention ce portrait et vous présente ici, pour la première fois, un essai d’analyse de discours ou, comme aiment le dire les Zapartistes, de « décodage de bullshit ». *

Richard Bergeron y est présenté comme un extrémiste aux « convictions fortes qui frisent l’obsession » : « urbain pur et dur », musulman (même s’il n’est pas pratiquant), adepte de la théorie du complot, et en plus il fume ! Enfer et damnation ! Tremblay et Harel fument-ils ? Vite, je veux le savoir, sinon comment pourrai-je faire un choix éclairé le 1er novembre ?

Mais je m’emporte. Soyons rationnels. Allons-y paragraphe par paragraphe.

L’introduction est somme toute classique et note la montée dans les sondages de Projet Montréal :

« Cet homme, dont la notoriété s’est longtemps limitée au Plateau Mont-Royal, donne du fil à retordre à ses rivaux, Gérald Tremblay et Louise Harel. Qui est Richard Bergeron ? Portrait d’un franc-tireur. »

Mme Ouimet nous apprend, tout en précisant qu’elle enfile ses bottes (???), qu’elle a « confessé » M. Bergeron pendant une heure et demie. Avec ce mot tout simple, le ton est donné : qui dit confession dit fautes. Elle aurait pu choisir de recueillir ses confidences ou de l’interroger.

Notez bien ici le champ sémantique religieux, qui sera récurrent tout au long du texte. Quelles sont les fautes de Richard Bergeron ? Le premier tiers de l’article y est consacré. D’abord, il fume. Ensuite, il a déjà écrit des choses discutables sur le 11 septembre 2001. Et la cerise sur le sundae ? Il est musulman :

«Il s’est converti à l’islam au début des années 90 pour épouser la femme de sa vie, Amina.

« J’avais 35 ans et j’ai eu le coup de foudre », a-t-il dit.

Amina est marocaine. Ils ont eu une fille qui est musulmane. « Je me suis converti par respect pour mes beaux-parents, mais je ne pratique pas, a-t-il précisé. Amina non plus. » »

Jusqu’ici, tout va bien. On comprend le parcours de M.Bergeron et les raisons de sa conversion. Les choses se gâtent lorsque Mme Ouimet se sent obligée d’ajouter :

« Ses belles-soeurs et sa belle-mère vivent au Maroc. Elles portent toutes le voile. »

Et sa belle-arrière-grand-mère, elle ? Portait-elle le voile ? Est-ce que le petit cousin de la deuxième génération prie cinq fois par jour ?

Et c’est ici que j’ai envie de dire : bullshit.

Richard Bergeron et son épouse sont musulmans non-pratiquants. Évidemment, l’islam n’est jamais modéré, tout le monde le sait. Aussitôt que quelqu’un, quelque part, mentionne l’islam, il faut dire que sa tante par alliance porte le voile. Même si tout ceci n’a absolument aucun rapport avec le candidat à la mairie de Montréal. NON PERTINENT.

Je pourrais continuer longtemps, mais je me contenterai de relever encore une ou deux manipulations sémiologiques de Michèle Ouimet. Après avoir parlé de l’enfance difficile de M.Bergeron, notre journaliste revient à la charge :

« Il a aussi des convictions fortes qui frisent l’obsession. Il est contre les autos, pour les transports en commun. C’est presque une religion. »

Religion ? Ah oui, c’est vrai, il est musulman. En plus, il a des convictions obsessives. Je commence à avoir peur.

« Obstination, un mot qui définit bien Richard Bergeron. »
Pas persévérance, pas ténacité, non : obstination.

Et finalement, une petite charge contre les intellos :

« R.B. a des diplômes longs comme le bras : baccalauréat en architecture, maîtrise en urbanisme, doctorat en aménagement. »

Notez ici le sens négatif subtil qui sous-tient toute la phrase. M. Bergeron ne possède pas une liste impressionnante de diplômes, il n’a pas étudié de manière approfondie des sujets qui sont au coeur même de l’aménagement et du développement d’une ville ; non, il a « des diplômes longs comme le bras ».

Ce texte s’avère donc un modèle de manipulation du lectorat et de mauvaise foi patente, deux éléments très peu dignes d’une journaliste.

Toute la première partie, déguisée en portrait de l’homme, est parsemée de subtiles connotations péjoratives. Ce n’est qu’à partir de la seconde partie qu’on apprend des faits véritablement pertinents sur la carrière de Richard Bergeron. Il est alors question du litige avec son ancien employeur pour des raisons de conflits d’intérêts. Enfin ! Voilà un sujet qui m’interpelle en tant qu’électrice qui aura à choisir son futur maire.

Mme Ouimet poursuit avec un résumé des tractations qui ont suivi l’arrivée de Louise Harel dans la course à la mairie et comment on a tenté de convaincre M. Bergeron de retirer sa candidature. De plus en plus intéressant.

Malheureusement, il m’est difficile d’accorder de la crédibilité à Michèle Ouimet après avoir lu la première partie de son article. Comment pourrais-je être sûre qu’elle ne tente pas de me manipuler ?

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Source

Le mot de la fin : soyez vigilants. Il est si facile de faire dire ce que l’on veut aux mots.

*Si j’étais abonnée à La Presse, ceci pourrait devenir une catégorie à part entière du blogue…

L'impasse des "lock outés" du Journal de Montréal

juillet 25, 2009 1 commentaire

Si vous suivez un peu les nouvelles en cette période estivale (celles ne provenant pas du groupe Quebecor Media, du moins), vous savez que les employés en lock-out du Journal de Montréal ont souligné leurs six mois d’arrêt de travail cette semaine. Le tout en bravant l’injonction qui leur interdit de même toucher le terrain du JDMQuebecor. En effet, ils sont carrément entrés mercredi dernier dans leurs locaux, leur bureau, leur salle de rédaction.

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Ils voulaient rentrer « à la maison » a dit le Président du syndicat Reynald Leblanc par la suite, à RDI, pendant que tous les « Lock-outés » du journal commençaient à être sur le party au bar le Crapaud.

Le Monsieur Leblanc sur le trottoir apparaissait alors en direct sur une dizaine de téléviseurs dans le bar où les dizaines de « lock-outés » commençaient à relaxer après l’acte illégal de la fin d’après-midi.

Tout le monde se jasait, ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vu. Tout commençait à avoir des airs de partys de bureau. Tout ce qu’il y a de plus commun.

Bien sûr, il n’a fallu que de quelques phrases du Président syndical pour réveiller les troupes. On sentait alors leur colère envers leur Patron.

C’était difficile de ne pas être solidaire et à la fois surpris de cette hargne envers l’Empire qui tente de ne faire d’eux que des pions.

Le détestent-ils toujours autant, où seulement en période de lock-out ? Est-ce que PKP a pris même le temps de regarder les infos, de les lire ? S’en est-il ému ?

Qu’ils le détestent plus ou moins selon les saisons, sûr que les personnes que j’ai vues hier sont déterminées bec et ongle à garder leur boulot, leur salaire et leurs conditions.

Tant mieux. Je dirais même qu’ils méritent mieux, puisque qu’ils sont employés d’un journal rentable, au cœur d’un empire qui fait de bons profits (Bons profits étant bien sûr ici employé comme un exemple parfait d’euphémisme).

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Entre l’option A et l’option B, je choisis pour ma part la B :

Option A : Le Patron et ses tits amis se mettent tout le pactole dans les poches.

Option B : le Patron et ses tits-amis-les-cadres partagent un peu plus le magot avec ceux qui font le Journal, les journalistes.

Le hic, c’est que c’est l’option C qui se produit actuellement : Sans journaliste, le Journal continue d’être publié.

Lire un journal, toujours le même, est une habitude difficile à casser. Une habitude matinale en plus…

Dans les vappes du matin, peut-être que plusieurs feuilleteurs du Journal n’ont pas remarqué qu’environ 30 % du contenu rédactionnel du JDMQuebecor avait disparu depuis janvier, selon les dires du Président syndical M. Leblanc, photographe au Journal depuis des années.

Je ne l’ai pour ma part pas trop remarqué, car je ne lis pas le JDMQuebecor. Pas parce que les syndiqués sont en lock-out, mais parce que je ne le lis jamais. Par contre, depuis quelques mois, je lis souvent le site Web des « lock-outés » du Journal : Rue Frontenac

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Peut-être que je me trompe, mais je trouve qu’ils ont la plume drôlement plus intéressante sur le nouveau site. Peut-être parce qu’ils choisissent davantage ce qui sera publié…

Actuellement, des rumeurs virtuelles circulent sur le Web à propos d’une hypothétique Coopérative de journal. On envoie Pierre-Karl promener et on fonde un nouveau journal, sans lui.

Be-bye !

J’aimerais y croire. Mais un journal papier coûte cher et un site Web n’est que rarement source de juteux profits (Rarement étant bien sur utilisé ici comme un deuxième exemple parfait d’euphémisme).

Péladeau ne veut rien entendre et l’a bien prouvé avec le conflit au JDQQuebecor. Les syndiqués du JDMQuebecor, décidés à résister, semblent donc devant une impasse.

Dans le meilleur des mondes, hypothétique et naïf, Citizen Karl * aurait l’audace de fonder un nouveau média écrit francophone au Québec, papier et Web. Il n’aurait même pas à chercher le nom : Rue Frontenac. Il y engagerait ses « lock-outés » plein de talents et d’enthousiasme.

Il laisserait ses actuels cadres du JDM travailler tranquillement au JDMQuebecor, à produire un journal que les gens feuillettent plus qu’ils ne lisent, exception faite des sports. Les patrons de l’Empire pourraient ainsi appliquer, sans emmerder les journalistes, leur politique rédactionnelle douteuse, sensationnaliste et convergente, qui emmerdait tellement la salle de rédaction, mais qui attire machinalement les annonceurs (ne serait-ce que pour toutes les copies gratuites distribuées dans tous les cafés de la ville).

Et il laisserait les journalistes du nouveau journal élaborer leur propre ligne rédactionnelle.

Ouais. Hypothétique et naïf.

Nous vivons néanmoins dans un monde surréaliste où PKP n’a d’ambition que de faire plus toujours de bidou. Peu importe la manière, mais en contrôlant toujours un peu plus. Le tout sans évidemment s’encombrer d’un organe qui pourrait être aux aguets de ses exagérations !

Nous vivons aussi dans un monde implacable où tout le monde se dit, soit résigné, soit content (parce que les journalistes sont ben trop ben payés), que les « lock-outés » du JDMQuebecor rentreront la queue basse « à la maison ».

Un jour, le fond syndical sera vide et les poches du patrons seront toujours pleines.

Aujourd’hui, les « lock-outés » sont le dernier bastion de résistance de l’Empire, mais personne ne s’en indigne en lisant le Journal.

Dans un monde pas trop pire, les gens résilieraient en bloc leur abonnement et donneraient plutôt leurs quelques piastres par semaine au Site Web des journalistes en lock-out de l’Empire.

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….

P.S. : Demain ou dans quelques années, lors de la réception votre prochain relevé de Vidéotron, celui qui couvre votre télé, votre téléphone, votre Internet, votre cell, vos abondements à tous vos magazines, veuillez ne pas trop vous indigner si le remboursement de certains frais, automatiquement et douteusement fracturés, ne vous est pas remboursé.

P.P.S. : C’est dans ces moments où je réalise la chance de voir l’honneur de mes paiements dépendre d’une PME.

P.P.P.S.: Je ne trouve pas la chute à cette chronique. Qui dit mieux ?

……

* Nouveau surnom de PKP, librement volé à M. Vanasse des Zapartistes. Merci.