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A-t-on le cinéma qu’on mérite ?

avril 17, 2010 7 commentaires

Par Julie Nado

Une fois de temps à temps, comme ça, parce que je m’ennuie, ou plus souvent parce que sa dernière chronique a fait des vagues et qu’on en parle dans mon entourage, je lis Patrick Lagacé sur Cyberpresse. La plupart du temps, je considère que ça ne vaut pas tellement la peine de réagir. Pourquoi ajouter une voix de plus à la « communauté de placoteux » dont parlait Lise Bissonnette récemment ? Deux raisons : la rigueur et le cinéma roumain. Je m’explique.

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J’aime la rigueur. Beaucoup. Et j’ai un problème avec les gens, surtout les journalistes, qui manquent de rigueur dans leur travail. Or, peut-être que je me trompe en qualifiant Patrick Lagacé de journaliste, puisqu’il se présente plutôt en début de chronique comme un « travailleur de l’information ».

Un travailleur de l’information, qu’est-ce que ça mange en hiver ? De l’opinion, apparemment. Pas des faits. Des approximations, plutôt. Vous connaissez l’expression anglaise « social butterfly », qui donne « papillon social » dans une traduction littérale maladroite ? Elle désigne ces gens qui, à l’aise en société, virevoltent d’une conversation à l’autre, butinant plusieurs sujets à la fois. Ces papillons sociaux donnent l’impression de demeurer à la surface des choses. À l’ère d’Internet, le « social butterfly » devient ce que j’appellerais un papillon médiatique. Quand je lis M. Lagacé, et surtout quand je considère les sujets qu’il aborde dans ses chroniques, j’ai souvent cette image d’un papillon qui vole au gré du vent, sans trajectoire cohérente, se laissant porter par l’air du temps. Il n’est pas le seul. Et ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Je pense à des écrivains tels que Rousseau ou Robert Walser, qui ont érigé la promenade en art littéraire. Seulement, voilà, je doute que ce soit la tâche d’un « travailleur de l’information », qu’il soit journaliste ou chroniqueur.

Car que nous apprend réellement M. Lagacé sur l’entrevue que Denys Arcand a accordée à Stéphan Bureau ? Très peu, en fin de compte. L’analyse qu’il en fait tient dans cette équation : je reviens d’Haïti et la vie au Québec me paraît horriblement drabe. Denys Arcand raconte à Stéphan Bureau que « Y a rien, dans nos vies. ». Je saute sur l’occasion pour arrimer ma déprime saisonnière aux réflexions d’un cinéaste reconnu et je conclus en m’attaquant au cinéma québécois des dernières années. Ah, l’art du raccourci, n’est-ce pas ?

D’un ton condescendant, le chroniqueur établit un lien entre le caractère intimiste des films québécois récents et le vide qu’il perçoit dans notre société. Pas de grands bouleversements, alors on se regarde le nombril et on fait des films en conséquence. Autrement dit, on a le cinéma qu’on  mérite.

Depuis quelques années, nous avons eu la chance ici de voir un certain nombre de films roumains de qualité, que ce soit dans les festivals, au cinéma Ex-Centris ou au Cinéma du Parc. Que se passe-t-il dans ces films ? Souvent, il ne se passe rien. On achète un cochon de son beau-frère mais il nous le livre vivant dans notre HLM et il faut trouver une manière de le tuer si on veut le manger. Un village se prépare pour la visite de membres éminents du Parti communiste, mobilisant ainsi tous ses habitants et provoquant une effervescence hors du commun, pour finalement apprendre que l’itinéraire des dignitaires a été modifié et que tous ces efforts ont été en vain. (Contes de l’âge d’or) Un vieil homme malade erre d’hôpital en hôpital pendant une nuit entière. (La Mort de Dante Lazarescu) Le jour du 20e anniversaire de la révolution roumaine, un débat télévisé à la chaîne communautaire d’une petite ville apprend à ses habitants que la révolution n’a pas vraiment eu lieu chez eux, que personne n’a été suffisamment courageux pour sortir dans la rue avant que le couple Ceausescu n’ait quitté Bucarest. (12h08 à l’est de Bucarest). Il ne se passe presque rien dans les films roumains : pas de guerre tragique ni d’épisodes glorieux de résistance au communisme, très peu de personnages promis à un noble destin, des villes grises, des campagnes désertées. Et pourtant, il s’agit à mon sens d’un des cinémas nationaux les plus fascinants du moment. La Roumanie nous offre des films qui, à partir de sujets peu glorieux, créent un univers fait d’absurde et de tragédie du quotidien, d’humour et de lucidité. Comme chacun sait, le sujet ne fait pas l’oeuvre. Et le cinéma québécois ne fait pas exception à la règle.

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À votre place, j’irais chercher mes analyses socio-cinématographiques ailleurs que dans La Presse. M. Lagacé ne semble pas s’y entendre beaucoup dans le domaine. En fin de chronique, il écrit :

« Le cinéma n’est que le reflet d’une époque.

Or, s’il ne se passe rien, dans l’époque, comment tu veux faire des films comme Les ordres ou Réjeanne Padovani? »

C’est à se demander si le chroniqueur-vedette de La Presse a vu Réjeanne Padovani ou s’il joue les provocateurs peu subtils. Dans ce film, il est question des relations troubles entre la mafia, les hommes politiques et le monde de la construction. Avez-vous, comme moi, une désagréable impression de déjà-vu ?

Ce qui me déprime, contrairement à d’autres, ce n’est pas qu’il ne se passe rien ; non, ce qui me déprime, c’est ce pressentiment tenace que l’histoire du Québec est en train d’effectuer une grande boucle. En d’autres mots, que nous sommes en train de revenir en arrière et que nous avons justement droit, en ce moment, à un triste remake de Réjeanne Padovani.

Péladeau VS Péladeau

Bado, Le Droit, 24 mars 10.

Miroir, miroir, dis moi qui est le plus fort.

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Florilège Facebook

février 16, 2010 Laisser un commentaire

Perles facebookiennes lues lors du Week-end valentin et olympique de l’an 2010.

N.B. : Les textes sont retransmis tel quel. Je ne suis donc aucunement responsable des fautes.

Page : « Non, je ne suis pas immature je m’ammuse. Tu devrais essayer. et On connait TOUS un trou de cul. »

431 147 admirateurs

Groupe : « Québécois pour promouvoir la nation Québécoise lors des jeux de Vancouver. »

212 membres

Profil : « Au moins Alexandre Bilodeau a été plus regardé (V et RDS) que le hockey semi-pro à TVA… »

Page : «TOUS CEUX QUi SONT COMPLÈTEMENT CONTRE L’ÉCOLE LA FiN DE SEMAiNE Ö . »

21 905 adeptes

Groupe : « Pour la Démission de la ministre de l’Education, Michelle Courchesne. »

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Groupe : « I absolutely hate the olympics. »

277 membres

Profil : « Les purées de légumes sont faites…es-ce que bébé va aimer ça…..j’ai bien hâte !! »

Groupe : « Tous ceux qui écrivent en anglais sur leur facebook, ÇA M’ÉNERVE! »

103 membres

Groupe : « Si toi aussi quand t au term beauport tu tdis qté lseul de normal dla place. »

317 membres

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Profil : « L’amour est la réponse, mais en attendant la réponse, le sexe soulève de bonnes questions… [Woody Allen] »

Page : « Parfois on fait tout pour une personne, mais elle ne se rend compte de rien »

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Profil : « HAPPY VASELINE DAY »

Groupe : « Price,les deux frères Kostisin et Plekanec contre St-Louis et Lecavalier. »

20 membres

Profil : « « Si le vin disparaissait de la production humaine, il se ferait dans la santé et dans l’intelligence un vide, une absence plus affreuse que tous les excès dont on le rend coupable. » (Baudelaire) »

Page : « Pour tout ceux qui trouve qu’ont est bein en criss dans l’bois! »

37 183 adeptes

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Le Top 3 des Liens FB:

Médaille d’or:

Un manifeste pas si pluraliste qu’il le prétend, par Jean-François Lisée, de L’Actualité.

Médaille d’argent

Vous êtes plutôt « burqamembert » ou bien « burqasimir » ?, par le dessinateur Lardon, via Rue 89.

Médaille de bronze

Fier d’être «Canadian», par Réjen Tremblay de La Presse.

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Show solidaire pour les lock-outés

janvier 27, 2010 2 commentaires

On n’en a guère parlé dans les médias (allez donc savoir pourquoi…), mais le premier anniversaire du lock-out au Journal de Montréal a été souligné dimanche dernier avec un spectacle fort inspiré et inspirant: le Show du cadenas.

Comme le site Web des lock-outés le soulignait, plusieurs artistes ont donné leur appui aux syndiqués de JDM, au risque de se mettre à dos l’empire Quebecor.

J’avais vu les lock-outés du Journal après six mois de conflit. Leur force, leur détermination et leur solidarité m’avaient impressionnée. Après un an, le moral semble toujours aussi bon, sinon mieux. Pour cela, je leur dis bravo !

Le hic, c’est que PKP ne semble pas vouloir plier.

Les ventes du Journal n’ont pas bougé depuis un an…

Je me répète donc : le seul moyen de faire bouger l’Empereur, c’est de s’attaquer à la seule chose qui l’importe : son portefeuille. Et dans le cas qui nous intéresse, cela doit se traduire par une baisse significative, drastique, du tirage du JDM.

Peut-être que cela ne suffira pas, mais on aura au moins le mérite d’avoir essayé et d’avoir signifié à Citizen Karl que l’on ne veut pas d’une information produite par ses valets.

Un peu de solidarité, bordel !

Je vous laisse avec des photos du spectacle.

Les Loco Locass nous ont offert a cappella quelques extraits de leur prochain album (on l’attend avec impatience).
À ceux qui s’inquiétaient face aux rumeurs que cet album serait moins politique que les précédents, rassurez-vous : les quelques extraits entendus dimanche portaient toujours avec autant de poésie et de talent la flamme politique du Québec.

La superbe Louise Forestier et le groupe de son fils, El Motor. Wow ! La Dame a demandé à PKP de faire preuve de compassion…

Le très drôle Urbain Desbois. On se demande s’il est chanteur ou humoriste, celui-là. En tous les cas, il joue très bien avec les mots.

Les très de bonne humeur Tricot machine.

Et enfin, Richard Desjardins est venu nous chanter quelques-unes de ses nouvelles chansons. L’album devrait sortir l’an prochain. Faut-il vraiment préciser qu’elles étaient toutes sublimes ?

Je ne saurais conclure sans souligner la présence de Christian Vanasse des Zapartistes, en tant qu’animateur de la soirée. Il nous a également offert, pour notre plus grand plaisir, son imitation de PKP. C’est le meilleur !

* Mille mercis à Danielle Antaya qui m’a fourni ces photos.

Péladeau: sauveur économique du Québec

janvier 22, 2010 2 commentaires

Vous ne le savez peut-être pas, mais hier et aujourd’hui s’est déroulée une grande rencontre à Lévis sur l’avenir économique du Québec pour les 20 prochaines années. Rien de moins. Le tout présidé par nul autre que notre Premier Ministre Jean Charest qui, fort heureusement pour lui (et pour nous !), ne sera évidemment plus au volant rendu là.

Toujours est-il que rien de pertinent, pour le court, moyen ou long terme, ne semble avoir émergé de cette rencontre. Moins de décrochage scolaire, plus d’investissements, plus de productivité. Ouais.

Mais de la vision ?!

Il semble bien que, de toutes les personnes conviées à cette rencontre, pas une seule n’ait eu la bonne idée de débattre un peu. C’est pourtant bon pour les idées nouvelles, le débat, non ?

Personne, ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a bien eu quelqu’un pour provoquer un simili débat, pour jeter un maigre pavé dans la mare. Seulement, il n’était pas invité.

PKP

Qui ? Mais notre cher Pierre Karl Péladeau, c’est ivident. En gros, Citizen Karl, dans une lettre publiée dans ses Journals hier affirme que les maudits syndicats ont trop de pouvoir au Québec et qu’il nous sera impossible de demeurer compétitif et riche dans notre monde économiquement globalisé si nous leur laissons autant de pouvoir.

Je vous présente ici quelques extraits d’un texte du Devoir. Les « améliorations » en rouge sont de mon cru (pour mon unique plaisir et peut-être le vôtre).

« Absent du sommet, M. Péladeau a tout de même réussi à susciter un débat en affirmant dans une lettre ouverte que les syndicats québécois nuisent au développement économique de Quebecor.

Selon M. Péladeau, les dirigeants québécois il consacrent trop «de temps, d’énergie et d’argent» à gérer leurs relations de travail, dans un contexte où leurs ses entreprises doivent se mesurer à la concurrence internationale.

M. Péladeau a écrit que les syndicats profitent de lois qui désavantagent les ses entreprises et compromettent la sa productivité.»

À peu près tout le monde présent à la rencontre a pris ses distances avec ses propos. Même Charest et son ministre des Finances, Raymond Bachand.

Il va se de soi que, dans un contexte où les syndiqués du Journal de Montréal fêteront dimanche prochain le triste premier anniversaire du lock-out, le patron de Quebecor aurait pu profiter de l’occasion pour se taire. Tout simplement.

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Revenons à ce Forum

L’été dernier, Jean Charest avait parlé d’une vaste consultation sur l’avenir économique de la province où chaque Québécois serait invité à prendre la parole. Ensuite, il avait même refusé de parler de « Sommet ». Puis, ont finalement été invités des intervenants soigneusement sélectionnés.

Ainsi, intervenants de la santé, retraités et aînés, jeunes (tant libéraux et péquistes) n’ont pu obtenir droit de parole sur les 20 prochaines années économiques du Québec…

On s’est beaucoup questionné sur la pertinence et l’utilité d’un tel événement En tous les cas, avant même qu’il ne débute, Charest affirmait que son gouvernement ne se sentirait en aucun cas obligé de faire siennes les idées qui émergeraient de cette rencontre.

Certains rabat-joie ont affirmé que l’événement ne servirait qu’à légitimer les actions passées du gouvernement libéral. Et surtout qu’il préparerait l’électorat à une hausse de la TVQ et des tarifs d’Hydro-Québec. Comme cela était loin d’être séduisant, le gouvernement Charest aurait alors eu l’ingénieuse idée d’une rencontre portant sur « la vision économique du Québec dans 20 ans ». Bravo. Presque aussi ingénieux que feu le Plan Nord, devenu concertation, puis démarche, pour finir en belle coquille vide.

En tous les cas, pour donner l’impression de faire quelque chose, quoi de mieux que de présider une rencontre sur ce qui surviendra lorsqu’on ne sera plus là ?

Pour ceux qui souhaitent soutenir les lock-outés du Journal de Montréal, rendez-vous au La Tulipe, le dimanche 24 janvier.

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Vaccin A H1N1 : Dans le doute, s’abstenir ?

octobre 27, 2009 3 commentaires

La grippe A H1N1 est l’illustration parfaite des meilleures qualités et des pires défauts de la multiplication des véhicules de communication dans notre société moderne.

Par véhicules de communication, j’entends tout support (écrit, visuels, audios), utilisé à des fins d’information, de marketing ou de politique.

Je m’explique.

Les qualités

Nous avons tous plus ou moins peur de cette fameuse grippe en forme de code postal. Si nous vivions plus ou moins 50 ans plus tôt, il n’y aurait PEUT-ÊTRE eu que quelques journaux, radios ou télés pour nous avertir et nous « informer » sur les dangers de cette grippe porcine. Il aurait alors été facile, à partir de 2 ou 3 sources, de se faire une idée : dangereuse grippe ou pas, vaccin ou pas.

Toutefois, nous aurions facilement pu être berné par un manque de pluralité des points de vue sur la question.

Au Moyen-Âge multimédia, il était plus facile de fortement orienter l’opinion du peuple : il ne fallait pour ça qu’influencer les supports de l’information, ou mieux, que contrôler ceux qu’on a par la suite appelés « de masse ».

Avec l’apparition d’Internet, avec la multiplication des chaînes radios et télés, avec Wiki et les blogues, l’information provient de partout. La pluralité des points de vue accessible en quelques clics. Voilà en soi une victoire dans la longue marche vers le sens critique de l’Homme.

Les défauts

Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, soit la grippe A H1N1, la multiplicité des véhicules de communication a plutôt contribué à semer la grande confusion chez les gens.

psychose-grippeSource

Ce qu’on reproche aujourd’hui le plus à cette foutue grippe, c’est le nombre d’informations contradictoires qu’elle produit dans les divers véhicules de communication.

L’ONU, l’OMS, les gouvernements, les médias de masse, les journaux alternatifs, les blogues, les cinéastes, les scientifiques, les compagnies pharmaceutiques, les médecins… Qui croire ?

On dirait que tout le monde tire sur son bout de couverture. Et personne ne veut se faire accuser d’avoir négligé la santé publique (ça me rappelle la listéria).

Tout le monde ne demande qu’à être bien informé sur la problématique de la grippe A H1N1, mais qui peut aujourd’hui se targuer de savoir EXACTEMENT de quoi il en retourne ?

Entre les avertissements, publicités, communiqués alarmants et les théories du complot, de conspiration, j’aimerais bien trouver le juste milieu. Y’a-t-il quelqu’un de neutre dans la salle ?

Devrait-on se fier à la cinéaste Lina B. Moreco, ou bien au Dr. Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins du Québec ?

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Fi des scrupules

octobre 15, 2009 7 commentaires

Je tiens un blogue depuis plus de deux ans maintenant. J’essaie de le rendre le plus intéressant possible, mais je ne m’épuise pas, par tous les moyens virtuels qui soient, à le rendre connu, fréquenté, consulté par tous les internautes de la blogosphère québécoise francophone et mondiale. Pour cela, il me faudrait passer mon temps à commenter les autres blogues.

Si je le faisais, je me devrais de sacrifier les amis, la famille, les collègues et les connaissances, ceux dont on peut regarder le réel blanc-brun-bleu-vert-noir-pairs des yeux.

Il faudrait que je passe mes « temps libres » à réagir, à commenter, à interpréter les articles-chroniques-commentraires-analyses des blogueurs de la Toile.

C’est un sacrifice que je n’ai jamais voulu faire. Entre un blogue qui voit ses entrées augmenter de plus d’une dizaine de personnes chaque jour, chaque heure, et une vie bien remplie de soupers, de sorties et d’échanges verbaux bien réelles, le choix n’a jamais été bien difficile : je préfère une semaine de pêche avec ma mère et son chum, une soirée Carcassonne avec Éric, une refonte du monde avec Julie, un barbecue avec Bruce, un bon souper avec papa, le frère et Cathy, qu’une pseudo reconnaissance virtuelle.

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En fait, je serais pourtant de mauvaise foi en croyant que les blogueurs québécois se sacrifient ainsi. Loin de moi donc l’idée d’insinuer que la blogosphère québécoise n’a pas de vie hors du Web. En vérité, je n’en ai pas la moindre idée.

Le devoir de réserve

L’an passé, après quatre longue années, je me suis retrouvée dans le bureau de mon directeur de maîtrise – maîtrise jamais terminée.

Concernant toutes les occasions que nous offre l’Actualité de nous indigner, nous offusquer, nous lever, ce prof d’histoire m’a dit quelque chose comme ceci :

Nous, intellectuels, réagissons toujours trop tard. Peu importe le cas, nous pensons à écrire à tel journal pour dénoncer telle affirmation tout à fait erronée et malhonnête. Mais nous tenons tellement à être juste dans notre réponse, dans notre démonstration, que nous mettons tout simplement trop de temps à répliquer. Après quelques jours, nous nous abstenons, parce que tout a été déjà plus ou moins dit (bien que tout croche), parce que l’Actualité est déjà passée à autre chose.

Voilà pour la leçon d’histoire. Après cela, lors de mes études en journalisme, j’ai été initiée à la sacro-sainte objectivité dudit métier.

Ainsi, je n’ai jamais écrit que les gros industriels de produits laitiers ont peut-être insidieusement influencé le comportement du Mapaq dans le dossier de la listéria et des fromages artisanaux québécois. Pas plus que je n’ai dénoncé la démagogie éhontée des détracteurs du Moulin à paroles, ni que ce Moulin était davantage paroles qu’action. Enfin, je n’ai jamais écrit que l’ostie de problème avec les Anglos de Montréal ne concerne qu’une partie d’entre eux : ceux qui ne parlent pas un mot de français, ou pis, ceux qui le connaissent mais refusent de le parler.

C’est ainsi que j’ai tenu ce blogue depuis plus de deux ans. C’est très probablement ainsi, déformation professionnelle oblige, que je le poursuivrai.

Pourquoi s’imposer un tel devoir de réserve ?

Parce qu’à voir ce qui s’écrit à chaud sur la Toile, dans les blogues et leurs commentaires, on voit toute la pertinence de prendre le temps de lire, de réfléchir et de prendre du recul.

Je vais vous donner un exemple bien concret.

Cette semaine, ma coloc Julie et moi n’avons pas pu nous empêcher de réagir à un billet d’un blogue que nous lisons fréquemment. Il y était question du sexisme dans la publicité. Notre commentaire nous a valu d’être taxées de « féministes revanchardes, frustrées, lesbiennes, déconnectées et amateures de masturbation devant les pompiers des calendriers ».

On ne m’y reprendra plus.

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Avez-vous peur de la grippe A H1N1 ?

octobre 13, 2009 3 commentaires

Je fais pour ma part confiance à mon système immunitaire… Un documentaire argentin fait quant à lui la part des choses dans notre système économique mercantile :

Le documentaire Operacion Pandemia, de Julian Alterini

À voir
…….

Dans un tout autre ordre d’idée, voici une photo d’une entrée d’école secondaire à Montréal.

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Un graffiti qui a le mérite d’être clair, à la différence des nombreuses réformes de l’éducation depuis 30 ans…

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Peut-on faire confiance à La Presse ?

octobre 7, 2009 7 commentaires

Étude de cas: Le portrait de Richard Bergeron, chef de Projet Montréal.

Par Julie Nadeau Lavigne

Vous intéressez-vous aux élections municipales ? Moi, oui.

J’habite Montréal depuis cinq ans et, cette année, pour la première fois, me voilà dûment inscrite sur la liste électorale. Je lis les journaux, accumule des informations sur les programmes respectifs des principaux partis et fais connaissance avec les candidats de mon arrondissement.

Je lis en outre avec grand intérêt le blogue de Louis Préfontaine qui, cette semaine, mettait en relief le traitement (ou plutôt l’absence de traitement) réservé à Richard Bergeron dans les médias. Dans son billet, M. Préfontaine dénonce le fait que le chef de Projet Montréal, lorsqu’il n’est pas carrément boudé par les journaux et bulletins de nouvelles (sauf Infoman !), devient l’objet d’attaques grossières de la part de certaines journalistes de La Presse, notamment Lysiane Gagnon et Michèle Ouimet.

Celle-ci, dans l’édition du 5 octobre, faisait un portrait de Richard Bergeron. J’ai lu avec attention ce portrait et vous présente ici, pour la première fois, un essai d’analyse de discours ou, comme aiment le dire les Zapartistes, de « décodage de bullshit ». *

Richard Bergeron y est présenté comme un extrémiste aux « convictions fortes qui frisent l’obsession » : « urbain pur et dur », musulman (même s’il n’est pas pratiquant), adepte de la théorie du complot, et en plus il fume ! Enfer et damnation ! Tremblay et Harel fument-ils ? Vite, je veux le savoir, sinon comment pourrai-je faire un choix éclairé le 1er novembre ?

Mais je m’emporte. Soyons rationnels. Allons-y paragraphe par paragraphe.

L’introduction est somme toute classique et note la montée dans les sondages de Projet Montréal :

« Cet homme, dont la notoriété s’est longtemps limitée au Plateau Mont-Royal, donne du fil à retordre à ses rivaux, Gérald Tremblay et Louise Harel. Qui est Richard Bergeron ? Portrait d’un franc-tireur. »

Mme Ouimet nous apprend, tout en précisant qu’elle enfile ses bottes (???), qu’elle a « confessé » M. Bergeron pendant une heure et demie. Avec ce mot tout simple, le ton est donné : qui dit confession dit fautes. Elle aurait pu choisir de recueillir ses confidences ou de l’interroger.

Notez bien ici le champ sémantique religieux, qui sera récurrent tout au long du texte. Quelles sont les fautes de Richard Bergeron ? Le premier tiers de l’article y est consacré. D’abord, il fume. Ensuite, il a déjà écrit des choses discutables sur le 11 septembre 2001. Et la cerise sur le sundae ? Il est musulman :

«Il s’est converti à l’islam au début des années 90 pour épouser la femme de sa vie, Amina.

« J’avais 35 ans et j’ai eu le coup de foudre », a-t-il dit.

Amina est marocaine. Ils ont eu une fille qui est musulmane. « Je me suis converti par respect pour mes beaux-parents, mais je ne pratique pas, a-t-il précisé. Amina non plus. » »

Jusqu’ici, tout va bien. On comprend le parcours de M.Bergeron et les raisons de sa conversion. Les choses se gâtent lorsque Mme Ouimet se sent obligée d’ajouter :

« Ses belles-soeurs et sa belle-mère vivent au Maroc. Elles portent toutes le voile. »

Et sa belle-arrière-grand-mère, elle ? Portait-elle le voile ? Est-ce que le petit cousin de la deuxième génération prie cinq fois par jour ?

Et c’est ici que j’ai envie de dire : bullshit.

Richard Bergeron et son épouse sont musulmans non-pratiquants. Évidemment, l’islam n’est jamais modéré, tout le monde le sait. Aussitôt que quelqu’un, quelque part, mentionne l’islam, il faut dire que sa tante par alliance porte le voile. Même si tout ceci n’a absolument aucun rapport avec le candidat à la mairie de Montréal. NON PERTINENT.

Je pourrais continuer longtemps, mais je me contenterai de relever encore une ou deux manipulations sémiologiques de Michèle Ouimet. Après avoir parlé de l’enfance difficile de M.Bergeron, notre journaliste revient à la charge :

« Il a aussi des convictions fortes qui frisent l’obsession. Il est contre les autos, pour les transports en commun. C’est presque une religion. »

Religion ? Ah oui, c’est vrai, il est musulman. En plus, il a des convictions obsessives. Je commence à avoir peur.

« Obstination, un mot qui définit bien Richard Bergeron. »
Pas persévérance, pas ténacité, non : obstination.

Et finalement, une petite charge contre les intellos :

« R.B. a des diplômes longs comme le bras : baccalauréat en architecture, maîtrise en urbanisme, doctorat en aménagement. »

Notez ici le sens négatif subtil qui sous-tient toute la phrase. M. Bergeron ne possède pas une liste impressionnante de diplômes, il n’a pas étudié de manière approfondie des sujets qui sont au coeur même de l’aménagement et du développement d’une ville ; non, il a « des diplômes longs comme le bras ».

Ce texte s’avère donc un modèle de manipulation du lectorat et de mauvaise foi patente, deux éléments très peu dignes d’une journaliste.

Toute la première partie, déguisée en portrait de l’homme, est parsemée de subtiles connotations péjoratives. Ce n’est qu’à partir de la seconde partie qu’on apprend des faits véritablement pertinents sur la carrière de Richard Bergeron. Il est alors question du litige avec son ancien employeur pour des raisons de conflits d’intérêts. Enfin ! Voilà un sujet qui m’interpelle en tant qu’électrice qui aura à choisir son futur maire.

Mme Ouimet poursuit avec un résumé des tractations qui ont suivi l’arrivée de Louise Harel dans la course à la mairie et comment on a tenté de convaincre M. Bergeron de retirer sa candidature. De plus en plus intéressant.

Malheureusement, il m’est difficile d’accorder de la crédibilité à Michèle Ouimet après avoir lu la première partie de son article. Comment pourrais-je être sûre qu’elle ne tente pas de me manipuler ?

Presse_ne_pas_avaler
Source

Le mot de la fin : soyez vigilants. Il est si facile de faire dire ce que l’on veut aux mots.

*Si j’étais abonnée à La Presse, ceci pourrait devenir une catégorie à part entière du blogue…

Magazine l'Actualité : une Une qui change selon les régions

septembre 16, 2009 2 commentaires

En arrivant à Québec pour le moulin à paroles la fin de semaine dernière, j’ai tout de suite remarqué la Une de L’Actualité au dépanneur de la gare d’autobus de Sainte-Foy: Un portrait de Régis Labeaume et un titre sans équivoque : Le bagarreur de Québec. Avec en sous-titre la question qui tue : Le maire de Québec peut-il donner des leçons à Montréal ?

l'actualite.01 Le JDQ

En revenant à Montréal lundi, quelle ne fut pas ma surprise de voir le même magazine. le même numéro, celui du 1er octobre 2009, mais avec une Une toute différente…

actu

Hein ? Pourquoi exactement ? Pour vendre plus de copies ? Si le maire Badabeaume a des leçons à donner à Montréal, c’est plutôt en Une de l’édition montréalaise de l’Actualité qu’il aurait dû se retrouver (et non pas en tout petit en haut de la page). Et pourquoi pas Ignatieff en Une à Québec ? Parce que, de toutes façons, la région est vendue d’avance aux conservateurs ? 🙂

Peut-être suis-je ignorante, mais je ne connaissais pas de telles pratiques. Je me demande si elles sont courantes. Je resterai donc aux aguets. Il me semble que de la part de médias d’information sérieux, la pratique n’est pour sa part pas très sérieuse.

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