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Le Procès des Cinq et autres litiges

octobre 14, 2010 1 commentaire

Bon, je sens la fin du régime du gouvernement Charest. C’est lourd, et j’ai le cynisme facile. Pas facile de revenir me commettre ici.

J’ai pourtant tant de choses à dire sur les gaz de schiste, la commission Bastarache, la loi 103, le bonhomme Carnaval, Statistiques Canada, les « je me souviens plus en je m’en calice » de la crise d’octobre, la corruption/collusion/construction et le fameux retour hypothétique des Nordiques.

Dans la mer des causes à soutenir, au Québec, au Canada, en Amérique et dans le monde surmondialisé, j’ai actuellement la nette impression que ma grande gueule, même si je la fais crier du plus fort et du plus strident que je peux, ne se fera pas entendre, criera dans le vide.

Y’a tellement de causes à soutenir, que l’on se contente de cliquer sur celles qui nous touchent plus ou moins sur Facebook, et puis c’est tout.

Non à la loi 103; la loi 101 n’est pas à vendre

Regardez par exemple la page FB qui s’oppose à la loi 103 : plus de 4 000 membres. Le lundi 18 octobre prochain, une manifestation contre cette loi pernicieuse aura lieu devant les bureaux du Premier Ministre Charest. Si nous y sommes 4 000, ça sera incroyable. Les organisateurs seront contents, mais le gouvernement ne bougera pas d’un poil. Si nous étions 50 000, peut-être. Mais qui prendra le temps ? Pourtant, la cause interpelle de nombreuses personnes, toutes générations confondues.

Pour un moratoire sur les gaz de schiste

Regardez la pétition(signez-la !!) qui circule depuis quelques jours pour un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste. On n’est pas loin de 10 000 signatures. Pas mal, mais c’est encore loin des 50 000 personnes qui se sont déplacées sur les Plaines pour le retour des Nordiques, le samedi 2 octobre dernier.

Ah ! Si les gaz de schiste avaient une chance de faire les séries contre les Canadiens de Montréal !

Je l’ai dit plus haut, j’ai le cynisme facile…mais pas exhaustif.

Je suis cynique, lorsque j’ai la nette impression que l’on me prend pour une valise. Et disons que j’ai l’impression que ça arrive pas mal trop souvent depuis la fin de l’été.

Quelques mots sur la (sur) couverture médiatique des 40 ans de la crise d’octobre.

Si vous lisez les journaux, si vous écoutez les chaînes de télé, d’information, vous ne pouvez pas ne pas en avoir (re) entendu parler.

Des reportages, des entrevues, des enquêtes, un roman, des textes, des idées, ont revisité le pourquoi du comment des mesures de guerres promulguées contre les indépendantistes, il y a 40 ans dans la Province of Québec.

Dans ce trop plein d’informations reconsidérées, repensées et réactualisées, un événement a pratiquement été passé sous silence par les médias : Le procès de Cinq, présenté par les Zapartistes début octobre au Lion d’Or.

Le lendemain, dans les « vrais » médias écrits de Montréal, un seul journaliste, en lock-out de Québécor, en a parlé.

C’est tout dire.

Je ne connais pas les détails de l’affaire, mais toujours est-il que Lux Éditeur a décidé de publier des extraits du Procès des Cinq.

(Pour faire une histoire courte, le Procès des Cinq a eu lieu début 1971. Il mettait en cause cinq hommes, dont Michel Chartrand et Pierre Vallières, alors accusé de « conspiration séditieuse ». Le procès fédéral s’est finalement terminé sur un non-lieu.)

Comme par magie, les conséquents Zapartistes ont découvert le texte. La Zapartiste de l’ombre Nadine Vincent a un peu condensé le texte. Sur la scène du Lion d’or, Patenaude, Parenteau et Vanasse nous ont offert ce brillant aperçu du verbatim. Un texte sans retouche. Sans retouche, car nul besoin d’en rajouter : le texte parle de lui-même, avec notamment ses clins d’œil à la Commission libérale Bastarache.

Les sources

Quand j’étudiais l’histoire ancienne, j’étais (et je le suis toujours) fascinée par les Anciens, par ce qu’ils avaient tenté, inventé, imaginé, afin de vivre ensemble. Bref, j’avais le « je me souviens », bien élastique. J’ai tenu à commencer par le début, quitte à faire un détour de 2 500 ans.

Lorsque l’on s’intéresse à l’histoire, on apprend vite qu’il est des plus hasardeux de parvenir à une vision claire du déroulement des événements de notre recherche. Les sources nous disent bien ce qu’elles veulent et l’objectivité est une chimère.

Mais, contrairement aux écrits de Homère le romancier, de Platon le philosophe, de Aristophane le dramaturge ou de Thuycidide l’historien, les écrits des rhéteurs (plaideurs professionnels) nous offrent un aperçu plus brut.

En histoire, les comptes-rendus sans fla-fla de procès ont des avantages que les autres textes d’une même époque n’ont pas. Nous pouvons y découvrir qui – du clan x ou du clan y – a gagné son procès. Nous pouvons y lire les arguments qui ont fait pencher les jurés. Dans certains cas, nous pouvons même savoir comment l’assistance a réagi. On a l’impression de vraiment tâter le pouls de l’époque.

C’est un peu ce que les Zapartistes nous ont donné à voir sur scène avec le Procès des Cinq de 1971.

En lisant le Procès de Cinq, on ne comprend certes pas tout, mais on lit simplement, sans plus ni moins, comment cinq Québécois, debout et sans langue de bois, se sont défendus dans la foulée des dérives d’octobre 1970.

Enfin !

On espère que les Lux Éditeur récidivera avec la publication d’autres procès.

Le Procès des Cinq, Lux Éditeur.


Les Zapartistes, à l’Anglicane à Lévis le 15 octobre et en supplémentaire au Lion d’Or à Montréal le 20 octobre.

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