Entre deux Fêtes Nationales, tu pourrais faire qu’qu’chose
En cette journée du déménagement… Euh, en cette journée de la Fête du Canada, permettez-moi de revenir, avec un peu de retard, avec un peu de recul, sur la fête de la Saint-Jean-Baptiste, notre pseudo Fête Nationale de province.
Je me fais souvent reprocher de faire un rapprochement entre la Saint-Jean et la politique. Paraît que cette fête n’a rien de politique, d’historique, de culturel. Paraît que c’est seulement une occasion fériée de faire le party. À ceux qui partage ce point de vue : je vous invite à ne pas perdre votre temps avec la poursuite de la lecture de ce modeste billet. Vous vous feriez plutôt chier.

L’an dernier, c’était la dernière fois que je fêtais la Saint-Jean sur les Plaines à Québec. C’était pourtant ma 14e Saint-Jean célébrée là depuis 16 ans.
Mes premières Saint-Jean Baptiste sur les Plaines coïncidaient avec le début de mes vacances d’été du secondaire. La Saint-Jean initiait en grandes pompes un été de naïves libertés, jamais contrecarrées par une maudite job.
Je ne voyais alors aucune portée politique à la fête : un peu de drogue, un peu plus d’alcool, beaucoup de monde.
Ce n’est que plus tard, quelque part au début de la vingtaine, que j’ai commencé à comprendre la portée, l’histoire et les aléas de cette fête catholique. À l’époque, je commençais à trouver que les hurluberlus des Plaines étaient certes sur le party, certes souls, certes « Bonne Saint-Jean, man ! », mais qu’ils n’étaient plus du tout là le lendemain.
À Québec (et ailleurs aussi), on n’est Québécois qu’un jour par année. Nous demander de l’être 365 jours par année serait exténuant, je suppose. À ce propos, il est bon de réécouter le monologue d’Yvon Deschamps de 1977, Fier d’être Québécois.
Enfin, je me souviens qu’à cette époque, j’ai continué d’aller célébrer sur les Plaines le 23 juin au soir. À un ami cynique qui m’avait fait remarquer le pathétique de la situation, j’avais répliqué que s’il n’y avait un soir par année où les gens de Québec était fiers d’être Québécois, autant en profiter, autant aller communier avec eux.
Bon, je ne saurais dire si c’est l’âge ou les circonstances, mais ce raisonnement a foutu le camp l’an passé, et à un moment précis, en plus.
J’étais sur les Plaines, dansant sur Libérez-nous des Libéraux. Avec combien …150 000, 200 000 de mes jeunes compatriotes ?
Il y a alors eu cette pensée qui m’a traversé l’esprit, pensée que j’aurais pu oublier, puisque j’étais moi aussi sur le solide party : Si tout les gens autour de moi avait exercé leur droit de vote, le gouvernement libéral de Charest n’aurait pas été majoritairement élu 6 mois plus tôt.
Je pensais que ça allait me passer, mais cette année, je n’avais aucune envie d’aller fêter la Saint-Jean à Québec.
Cette année, pour faire changement, j’ai plutôt opté pour des célébrations dans une ville où l’on est encore souverainiste, malgré tout : Montréal.
Comme je ne comprenais pas trop si la Saint-Jean se fêtait le 23 ou 24 juin dans la métropole, je l’ai fêtée pendant deux jours. Un soir dans un party dans un appart de Hochelaga, où l’on a chanté des tounes du Québec à la guitare, avec l’hôtesse qui criait à chaque fois que l’on osait chanter en anglais et avec des tits culs qui dansaient sur Charlebois.
L’autre soir, lors d’une fête de quartier à Ville-Émard, où l’on présentait un hommage aux Colos, où Les Oeuvriers, groupe folk urbain du coin, clôturait la soirée.
Un jeune groupe fort promoteur, Les Oeuvriers sont sur myspace, et en spectacle le 14 juillet prochain au Petit Campus.
Ma Saint-Jean, moi qui ne sait sortir le politique de la fête, ne ressemblait pas pentoute à celles des dernières années, mais elle m’est apparue plus sensée, moins truquée. Au moins, elle a été célébrée là où les gens votent encore pour la souveraineté des peuples, le nôtre inclus.
C’était plus facile à gérer, « au niveau des émotions » !












