Si vous suivez un peu les nouvelles en cette période estivale (celles ne provenant pas du groupe Quebecor Media, du moins), vous savez que les employés en lock-out du Journal de Montréal ont souligné leurs six mois d’arrêt de travail cette semaine. Le tout en bravant l’injonction qui leur interdit de même toucher le terrain du JDMQuebecor. En effet, ils sont carrément entrés mercredi dernier dans leurs locaux, leur bureau, leur salle de rédaction.

Ils voulaient rentrer « à la maison » a dit le Président du syndicat Reynald Leblanc par la suite, à RDI, pendant que tous les « Lock-outés » du journal commençaient à être sur le party au bar le Crapaud.
Le Monsieur Leblanc sur le trottoir apparaissait alors en direct sur une dizaine de téléviseurs dans le bar où les dizaines de « lock-outés » commençaient à relaxer après l’acte illégal de la fin d’après-midi.
Tout le monde se jasait, ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vu. Tout commençait à avoir des airs de partys de bureau. Tout ce qu’il y a de plus commun.
Bien sûr, il n’a fallu que de quelques phrases du Président syndical pour réveiller les troupes. On sentait alors leur colère envers leur Patron.
C’était difficile de ne pas être solidaire et à la fois surpris de cette hargne envers l’Empire qui tente de ne faire d’eux que des pions.
Le détestent-ils toujours autant, où seulement en période de lock-out ? Est-ce que PKP a pris même le temps de regarder les infos, de les lire ? S’en est-il ému ?
Qu’ils le détestent plus ou moins selon les saisons, sûr que les personnes que j’ai vues hier sont déterminées bec et ongle à garder leur boulot, leur salaire et leurs conditions.
Tant mieux. Je dirais même qu’ils méritent mieux, puisque qu’ils sont employés d’un journal rentable, au cœur d’un empire qui fait de bons profits (Bons profits étant bien sûr ici employé comme un exemple parfait d’euphémisme).

Entre l’option A et l’option B, je choisis pour ma part la B :
Option A : Le Patron et ses tits amis se mettent tout le pactole dans les poches.
Option B : le Patron et ses tits-amis-les-cadres partagent un peu plus le magot avec ceux qui font le Journal, les journalistes.
Le hic, c’est que c’est l’option C qui se produit actuellement : Sans journaliste, le Journal continue d’être publié.
Lire un journal, toujours le même, est une habitude difficile à casser. Une habitude matinale en plus…
Dans les vappes du matin, peut-être que plusieurs feuilleteurs du Journal n’ont pas remarqué qu’environ 30 % du contenu rédactionnel du JDMQuebecor avait disparu depuis janvier, selon les dires du Président syndical M. Leblanc, photographe au Journal depuis des années.
Je ne l’ai pour ma part pas trop remarqué, car je ne lis pas le JDMQuebecor. Pas parce que les syndiqués sont en lock-out, mais parce que je ne le lis jamais. Par contre, depuis quelques mois, je lis souvent le site Web des « lock-outés » du Journal : Rue Frontenac

Peut-être que je me trompe, mais je trouve qu’ils ont la plume drôlement plus intéressante sur le nouveau site. Peut-être parce qu’ils choisissent davantage ce qui sera publié…
Actuellement, des rumeurs virtuelles circulent sur le Web à propos d’une hypothétique Coopérative de journal. On envoie Pierre-Karl promener et on fonde un nouveau journal, sans lui.
Be-bye !
J’aimerais y croire. Mais un journal papier coûte cher et un site Web n’est que rarement source de juteux profits (Rarement étant bien sur utilisé ici comme un deuxième exemple parfait d’euphémisme).
Péladeau ne veut rien entendre et l’a bien prouvé avec le conflit au JDQQuebecor. Les syndiqués du JDMQuebecor, décidés à résister, semblent donc devant une impasse.
Dans le meilleur des mondes, hypothétique et naïf, Citizen Karl * aurait l’audace de fonder un nouveau média écrit francophone au Québec, papier et Web. Il n’aurait même pas à chercher le nom : Rue Frontenac. Il y engagerait ses « lock-outés » plein de talents et d’enthousiasme.
Il laisserait ses actuels cadres du JDM travailler tranquillement au JDMQuebecor, à produire un journal que les gens feuillettent plus qu’ils ne lisent, exception faite des sports. Les patrons de l’Empire pourraient ainsi appliquer, sans emmerder les journalistes, leur politique rédactionnelle douteuse, sensationnaliste et convergente, qui emmerdait tellement la salle de rédaction, mais qui attire machinalement les annonceurs (ne serait-ce que pour toutes les copies gratuites distribuées dans tous les cafés de la ville).
Et il laisserait les journalistes du nouveau journal élaborer leur propre ligne rédactionnelle.
Ouais. Hypothétique et naïf.
Nous vivons néanmoins dans un monde surréaliste où PKP n’a d’ambition que de faire plus toujours de bidou. Peu importe la manière, mais en contrôlant toujours un peu plus. Le tout sans évidemment s’encombrer d’un organe qui pourrait être aux aguets de ses exagérations !
Nous vivons aussi dans un monde implacable où tout le monde se dit, soit résigné, soit content (parce que les journalistes sont ben trop ben payés), que les « lock-outés » du JDMQuebecor rentreront la queue basse « à la maison ».
Un jour, le fond syndical sera vide et les poches du patrons seront toujours pleines.
Aujourd’hui, les « lock-outés » sont le dernier bastion de résistance de l’Empire, mais personne ne s’en indigne en lisant le Journal.
Dans un monde pas trop pire, les gens résilieraient en bloc leur abonnement et donneraient plutôt leurs quelques piastres par semaine au Site Web des journalistes en lock-out de l’Empire.

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P.S. : Demain ou dans quelques années, lors de la réception votre prochain relevé de Vidéotron, celui qui couvre votre télé, votre téléphone, votre Internet, votre cell, vos abondements à tous vos magazines, veuillez ne pas trop vous indigner si le remboursement de certains frais, automatiquement et douteusement fracturés, ne vous est pas remboursé.
P.P.S. : C’est dans ces moments où je réalise la chance de voir l’honneur de mes paiements dépendre d’une PME.
P.P.P.S.: Je ne trouve pas la chute à cette chronique. Qui dit mieux ?
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* Nouveau surnom de PKP, librement volé à M. Vanasse des Zapartistes. Merci.