Archive

Articles Tagués ‘français’

Langue française bâillonnée

octobre 16, 2010 3 commentaires

Bâillon:

Morceau de bois ou de fer, tampon d’étoffe que quelqu’un introduit de force dans la bouche d’une personne qu’il veut empêcher de parler ou de crier; morceau d’étoffe noué sur la bouche avec la même intention.

Source

Je parle, crie, aime, protège et défends ma langue, minoritaire dans ma contrée. Qu’il n’y en ait pas un dans les alentours pour me dire que ça met la sienne en danger.

Dans son sens premier bâillonner consiste à empêcher une personne de parler. Et voilà M. Charest et Mme Saint-Pierre qui l’imposeront lundi pour forcer l’adoption d’une projet d’une loi linguistique au Québec.

Comment être plus indignes ?

Le recensement conservateur

juillet 23, 2010 1 commentaire

On en parle depuis quelques jours : Le Gouvernement Harper a décidé de rendre facultatif le fait de remplir le formulaire long envoyé à 20 % de la population, lors du recensement de Statistique Canada qui a lieu tous les cinq ans.

Ce formulaire « long », permet de dresser un tableau honnête de la population sous tous ses angles, qu’ils soient économique, culturel, politique, social, linguistique, etc.

Bado, Le Droit, le 5 juillet 2010.

Le gouvernement Harper justifie sa décision en disant que la vie privée des “Canadiens et Canadiennes” n’est pas respectée, si l’on oblige 20 % d’entre eux à remplir le formulaire tous les 5 ans (même si ce n’est les mêmes, d’une année à l’autre).

C’est pousser un peu fort (et c’est surtout voler ses idées à la pure droite des États-Unis).

Tout le monde, TOUT LE MONDE, excepté Harper, son gouvernement et les riches wanna be American de l’Alberta, est en désaccord avec cette nouvelle mesure. Depuis des années, il y a eu si peu de plaintes à propos de ce formulaire long, que l’on pourrait même ne pas en parler ici.

Aujourd’hui, Munir Sheikh, le grand patron de Statistique Canada, a démissionné de façon fracassante. Son devoir de réserve de fonctionnaire ne lui permet pas de critiquer, de donner clairement son avis. Mais ça ne prend pas la tête à Papineau pour lire entre ses lignes.

La vaste enquête qu’est le recensement quinquennal de Statistique Canada est utilisée par nos scientifiques, nos penseurs, nos politiciens, nos experts, nos spécialistes. Elle est notamment cruciale afin d’établir des politiques sociales efficaces.

En décidant de rendre le formulaire facultatif, tout en l’envoyant à plus de personnes, il apparaît clairement que le gouvernement conservateur tente de rendre le portrait des Canadiens moins représentatif.

Les riches de ce pays, les bien nantis, les ceux qui ont le temps et qui sont fiers de leur réussite, vont certainement prendre le temps de remplir le maudit questionnaire. Le pauvre, la marginale, l’immigrée, le minoritaire linguistique, peut-être pas.

J’ai bien hâte de voir le prochain portrait du « plus meilleur pays du monde ». Il sera tout à coup plus reluisant. Gageons que le gouvernement Harper dira que le tableau s’est nettement amélioré grâce à son arrivée au pouvoir.

Aux chiffres, je le redis encore, on peut faire dire n’importe quoi. Imaginez ce que l’on peut leur faire dire avec un brin d’idéologie mal placée et sans aucune méthodologie.

La question à cent piasses de Adamus

Pour certains, il est déjà trop connu, pour tous les autres, courez acheter Brun, de Bernard Adamus.

Du bonbon trash.

Bernard Adamus || La question à 100 piasses from Dare To Care Records on Vimeo.


source

Ça fait du bien dans l’univers musical québécois.

Et vive Hochelaga !

Mommy Daddy

En avril, je suis allée au Moulin de la loi 101. Enfin, le véritable nom de l’événement était : Grand rassemblement : Québec vs Cour suprême. La loi 101, notre seule voix. Mais je préfère l’appeler le Moulin de la loi 101. Ça fait un p’tit clin d’oeil au Moulin à paroles. Et c’est de circonstance.

Je crois au pouvoir des mots, des paroles, des textes. Je les aime. Si l’on cherche à les protéger, quoi de mieux qu’un moulin pour les propager ? D’autant plus si c’est pour se souvenir du parcours de notre langue. Sans elle, il ne saurait y avoir de moulins, de loi ou à paroles. Pas même à images.

Lors de ce rassemblement, 850 personnes ont écouté religieusement, et pendant trois heures, comédiens, politiciens, chanteurs et musiciens leur rappeler l’histoire de leur langue, à coup de textes historiques, de chansons, de vidéos et de discours enflammés.

Un moment fort où la gauche souverainiste du Québec était unie. Enfin !

(En écrivant la « gauche souverainiste », je ne suggère pas ici que seuls les gens à gauche supportent la langue française au Québec. Je ne présume de rien. Je ne fais ici que constater : parmi tous les organismes, partis politiques, syndicats, artistes et chercheurs présents, la droite brillait par son absence. J’imagine qu’elle avait plus important à faire en ce beau dimanche après-midi.)

Bref, j’allais écrire « un moment où tout un chacun était fier d’être Québécois », mais ce n’est pas exactement ça. Je crois que c’était plutôt « un moment où tout un chacun avait la certitude qu’un jour, ses petits petits-enfant parleraient encore le français ».

Vous me direz que 850 personnes, ce n’est pas assez.

J’espère que vous avez tort.

Enfin, de tous les textes qui furent présentés en ce dimanche d’avril, une chanson les a, à mon avis, tous éclipsé. Une chanson qui dit tout. Tout y est. Ni plus, ni moins.

Bon Secours Baltimore Health System

La chanson Mommy Daddy fut enregistrée en 1971 par Dominique Michel et Marc Gélinas, pour le film Tiens-toi bien après les oreilles à papa, réalisé par Jean Bissonnette. Le scénariste du film, Gilles Richer, a écrit les paroles; Marc Gélinas la musique.

J’aurais bien aimé vous offrir la vidéo de la splendide jeune fille qui l’a interprétée au Moulin de la loi 101, mais je ne le trouve pas sur la Toile (avis à tous !)

Ici, la version originale du film.

Dimanche solidaire

Citoyens de Québec et des environs, une manifestation contre le budget du gouvernement Charest est prévue demain.

Les détails ici.

Citoyens de Montréal et des environs, un événement, le moulin de la loi 101, est prévu demain pour la défense de notre langue.

Les détails ici.

Parce que toutte est dans touttte, ces deux événements relèvent d’une même volonté. Celle de freiner la régression tranquille, celle d’affirmer que nous tenons à notre société solidaire. Alors, citoyens en congé, lâchez vos petites bulles et allez-y ! Vous ne voulez pas priver vos enfants ou petits-enfants de ce dont vous avez vous-même bénéficié !

Vous avez le choix et vous pouvez faire une différence.

En attendant, je ne peux m’empêcher de vous faire cadeau de ce nouveau bijou des Zapartistes.

La peau des couilles

janvier 14, 2010 1 commentaire

Pas certaine que cette histoire est vraie, des dizaines de versions quelques peu différentes se retrouvent sur le Web, mais à coup sûr, elle fait sourire.

Ce Monsieur Ecouille, c’est-ti le frère à Efesses ?

Bonne nouvelle année à tous !

Colère citoyenne, cynisme et enquête publique

novembre 5, 2009 2 commentaires

Depuis dimanche, je suis en colère. Une grosse colère noire. Je suis souvent en colère, mais là, je le suis triplement.

Primo. Je suis indignée que le Maire Tremblay ait été réélu, malgré toutes les sales magouilles de corruption que les journalistes ont révélées aux cours des derniers mois.

Deuxio. Je suis découragée du taux de participation : moins de 40 % des Montréalais sont allés voter. Il vous faut quoi ? Que le Maire aille voler votre argent directement dans vos poches, sous vos yeux ?

Tertio. Je suis en colère envers moi-même. Dans mon dernier billet, je vous invitais à manifester, à vous rallier, pour l’avenir de la langue française dans la province et plus précisément là où elle est le plus en danger : Montréal.

Pff. Quelle naïveté ! Comment, vous, pseudo-citoyens, pourriez-vous sortir dehors, avec le frette qui arrive, pour manifester votre attachement à notre langue, alors que vous n’êtes même pas capable d’aller voter un dimanche ?

Cynique

Tout ça me donne l’envie de devenir cynique. De lâcher prise. De jeter l’éponge. Je ne serais pas la première. Des cyniques, j’en côtoie tous les jours.

elections

Il y a les cyniques envers tout ce qui touche le monde de la politique. Ceux-ci, quand ils s’intéressent à la politique, c’est pour mieux la railler, la caricaturer et la vomir. Leur attitude se traduit généralement par un désintéressement des choses collectives qui prend racine dans une impression d’impuissance individuelle. Ces gens-là ne votent pas parce qu’ils pensent que les politiciens, tous des pourris, ne changeront rien.

Puis il y a les autres cyniques. Ceux-là, bien qu’ils estiment la chose politique, ne croient pas, ou plus, que les gens soient aptes à exercer leur droit et devoir de participation au sein de la société. Ils n’ont pas, ou plus, confiance. Ces gens-là ne votent pas parce qu’ils pensent que les citoyens, tous des individualistes, ne changeront rien.

Je n’ai jamais voulu devenir cynique. Toujours aimé la politique. Toujours pensé qu’à partir du moment où l’être humain a décidé de vivre dan une société organisée, où chaque être est interdépendant, la politique, les choses qui concernent la Cité, selon les Grecs anciens, devait impliquer tout un chacun qui habite la dite Cité.

Plus de deux mille ans après Périclès, on se retrouve devant le mystère de la poule et de l’œuf. Est-ce que les politiciens sont devenus minables parce que les citoyens le sont devenus aussi ? (On a les gouvernements qu’on mérite.)

Ou bien est-ce que les citoyens ont abandonné parce que les politiciens sont trop minables ? (Ce qu’avançait Laporte cette semaine.)

Ouf. Grande question.

Enquête publique

Dans l’immédiat, ce que je sais toutefois, c’est que les chances de voir une commission d’enquête publique sur la corruption et la collusion dans le milieu de la construction à Montréal se sont plus qu’amoindries dimanche. Le message envoyé au gouvernement Charest était on ne peut plus clair : plus de 60 % des Montréalais s’en sacrent.

Nettoyer l’abcès

Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux (en faveur d’une d’enquête publique), a récemment fait un sublime lapsus en parlant de la corruption dans le domaine de la construction. Il a parlé de « nettoyer » l’abcès, plutôt que de le « crever ».

On croirait que le Parti libéral du Québec a fait sien le lapsus de M. Généreux. Avec ses enquêtes policières et ses nouveaux règlements visant à resserrer les processus d’octroi de contrats de construction dans le monde municipal, le gouvernement va probablement nettoyer l’abcès, mais le crèvera-t-il ?

Le gouvernement Charest semble tout faire pour ne pas créer une enquête publique. Ce genre d’exercice fait parfois tomber les hauts responsables d’une situation immorale et illégale.

Un être cynique avancerait pernicieusement que le Parti libéral du Québec a bien trop peur d’être éclaboussé, si l’abcès venait à crever. Accurso n’a pas lunché qu’avec des politiciens municipaux, après tout. Tout cela alors que les firmes de génie-conseil ont leur belle place au soleil provincial.

Mais qui s’en soucie ? Le citoyen !?

Ha ha ha !, rétorquerait un autre cynique.

Loi 104: De la survie du français à Montréal

octobre 31, 2009 5 commentaires

Je suis allée manifester mercredi dans les rues de Montréal pour la première fois de ma vie. Ce n’était pas ma première manif à vie. J’ai déjà manifesté à Québec, à Strasbourg et malgré moi à Tunis. Mais c’était une première à Montréal.

Je n’ai pas l’habitude de me ruer à toutes les manifestations. D’abord, parce que je travaille depuis toujours les fins de semaine. Or, ces réunions protestataires ont la fâcheuse habitude de se dérouler un jour où les gens « normaux » sont en congé.

Ensuite, parce que mon profil de journaliste historienne a tendance à souvent me garder d’épouser une cause précise, au risque de ne plus voir les autres. Même le temps d’une manif.

Je me suis néanmoins retrouvée, de plein gré et en colère, sur la rue Saint-Paul, devant les bureaux de l’avocat Brent Tyler, à manifester contre le récent jugement de la Cour suprême du Canada contre la loi 104. Y’a toujours bien des causes pour lesquelles on ne peut pas ne pas réagir, surtout en plein midi d’une journée de congé automnale, aussi froide soit-elle.

L’unanimité

La loi 104 a été adoptée à l’unanimité en 2002 par les péquistes, les libéraux et Mario Dumont. Depuis, on n’a jamais remis en question la nécessité de cette loi qui a amendé la Charte de la langue française afin de colmater la pernicieuse brèche. Même Pratte et Boisvert de la Presse sont d’accord !

loi104

Tout le monde est d’accord pour dire que le français prime sur l’anglais au Québec. Même les parlementaires à Ottawa qui, sur une proposition du NDP, ont voté cette semaine une motion (sans force de loi) le reconnaissant.

Jouons un peu

« Le français – son avenir, sa survie et sa santé – doit être protégé au Québec en tant que langue minoritaire au sein du Canada »

Avec une phrase comme ça, tout le monde se rallie.

Changeons un peu la phrase

« Le français – son avenir, sa survie et sa santé – doit être protégé, en tant que langue menacée de devenir minoritaire au sein de la Métropole d’une province officiellement francophone ».

Traduisez en anglais et voyez qui se rallie encore.

….

La loi 104 rouvre sans délicatesse aucune (et c’est tant mieux !?), le débat linguistique dans notre cher pays. Le débat omet toutefois de dire que la survie du français au Québec concerne et se joue d’abord et avant tout à Montréal. Le droit linguistique obtenu par les riches allophones (en majorité), ce passage par les écoles « passerelles », était, et sera, si rien n’est fait, majoritairement acquis à Montréal.

À Québec, comme partout ailleurs, personne ou à peine ne parle anglais. Il y est aisément possible de vivre et de travailler sans connaître l’anglais.

Les données du recensement de 2006 de Statistique Canada indiquent que le pourcentage de personnes ayant le français pour langue maternelle est passé sous la barre des 50 % à Montréal. Soit 4 % de moins qu’en 2001. Seulement 54 % des Montréalais parlent désormais le français à la maison.

Plus révélateur encore est l’indice de vitalité linguistique. Aussi appelé indice de continuité, l’IVL permet de mesurer la persistance et le pouvoir d’attraction d’une langue. Comment ? En divisant le nombre de personnes qui parlent par exemple le français en tant que langue d’usage (langue parlée à la maison) par le nombre de personnes qui le parlent en tant que langue maternelle.

1,07 pour le français, contre 1,48 pour l’anglais en 2006.

Bref, l’anglicisation de Montréal, si l’on prend un angle statistique, mathématique, se poursuit inexorablement depuis des années. Ceci est un fait et non pas une fabulation de nationaliste radicale, malheureusement.

La langue de mes futur petits-enfants

C’est donc avec ces chiffres en tête que je suis allée manifester. Plus pour Montréal en français que pour tout autre chose. Car si jamais je décide de m’établir définitivement à Montréal, j’aimerais bien que mes futurs enfants, mes futurs petits-enfants, parlent français, vecteur de ma culture, de la leur.

Parce que même si je choisissais de retourner vers ma région à 95 % francophone, je ne vois pas comment celle-ci pourrait conserver sa langue à long terme si la métropole, ville d’accueil de 88 % des nouveaux arrivants, perdait son médium culturel, la langue.

ManifLoi104Source

Pendant la manifestation, je suis restée un peu en retrait. Je voulais observer. Y’avait plein de jeunes, pour la relève. Y’avait plusieurs têtes blanches, pour la continuité. Y’avait le Réseau de résistance québécois, pour la colère.

Y’avait pas de membres du PQ, ni du Bloc. Paraît que certaines têtes du cortège leur font peur. Ni candidat d’aucun parti politique municipal, pourtant en pleine campagne.

On était une centaine, gros max. Comme je suis une femme impatiente, je m’énervais de ne pas voir plus de gens. Je ne m’attendais pas à la réaction du Bill 63, mais bon. Patience, nous sommes en plein milieu de semaine et ce n’est que le début, qu’on m’a dit. Nous avons un an.

En effet, dans son jugement, la Cour suprême a donné un an au gouvernement Charest afin de refaire ses devoirs. La Cour veut bien d’une loi 104, mais moins « radicale ».

Je veux bien, mais connaissant Charest, nous sommes mieux de maintenir la pression. Depuis 2003, à tous les coups que son gouvernement a reculé et/ou réagi, c’est quand les manifestations devenaient fort nombreuses. Nombreuses non pas dans le sens qu’il y en avait beaucoup, mais bien sûr dans le sens qu’il y avait beaucoup de monde réuni en même temps. Car, c’est bon de le rappeler, une manifestation est efficace lorsqu’il y a beaucoup de monde. Beaucoup comme dans 50 000.

Comme je serai probablement au travail à la prochaine manif, je compte donc sur vous, gens normaux. Sur qui d’autre pourrais-je compter ?

Quand je dis VOUS, je ne m’adresse pas seulement aux souverainistes, mais aussi aux fédéralistes qui ont à cœur la survie du français. Et également aux apolitiques qui croient la bataille linguistique déjà gagnée. Et encore et surtout aux résignés qui croient la bataille déjà perdue.

Comme il y a enfin consensus sur quelque chose au Québec, ça serait bien qu’on arrête un peu de s’obstiner, qu’on fasse une petite trêve et qu’on sorte dehors dire que l’on veut voir nos petits-enfants parler français.

Y’a personne qui le fera à notre place. Surtout pas des juges en robe à Ottawa.

L'UQAM in English, non merci !

septembre 3, 2009 Laisser un commentaire

Ça se fait déjà à l’Université Laval et au HEC. Il paraît que ça se fera bientôt à l’École polytechnique de Montréal.

Dès cet automne, des cours de gestion à l’UQAM seront dispensés en anglais. Le syndicat des professeurs est contre, y voyant une « marchandisation du savoir ». Leur convention collective, on ne peut plus claire, stipule que leur langue d’enseignement doit être le français. La politique linguistique de l’UQAM précise que le français doit être la langue officielle et d’expression commune.

Déjà que pratiquement toutes les matières - histoire, psycho, bio, philo, gestion, économie, administration, agronomie, communication, alouette – exigent des lectures obligatoires en anglais.

Mais la Ministre de l’éducation Michelle Courchesne, fidèle aux habitudes de son gouvernement, n’y voit bien sûr aucun problème.

– Allons, des cours obligatoires désormais offerts in english, c’est bon pour l’ouverture vers le monde, ça ! -

En autant que cela concerne des programmes ciblés et ne prenne pas des proportions exagérées. Pas de problème à de stade-ci, dit-elle en somme.

Question :

Si on accepte quelques cours in english aux départements de gestion, d’administration ou d’économie de nos universités québécoises francophones et publiques, comment refuserons-nous ensuite à d’autres départements de les imiter ? Où sera la limite ?

Quand cela deviendra-t-il inacceptable ?

Quand le pourcentage de cours offerts en français aura atteint 52, 6 % ? *

SkWhite

* Pourcentage d’habitats de Montréal qui ont le français comme langue d’usage, selon le recensement 2006 de statistique Canada.

……

À la Une de Cyberpresse avant d’aller dormir…

Message de paix … en anglais, dans le métro de Montréal

avril 9, 2009 1 commentaire

Yoko Ono vous parle

En revenant du travail aujourd’hui, j’ai entendu une voix inhabituelle dans la station du métro. Non, ce n’était pas celle de Michèle Deslauriers nous annonçant une nouvelle panne de métro, mais bien celle d’une dame inconnue nous avertissant qu’un message de paix allait suivre : celui de Yoko Ono.

Vous l’entendrez certainement, il sera diffusé jusqu’au 21 juin, dans le cadre de l’exposition Imagine, la ballade pour la paix de John & Yoko, au Musée des beaux-arts. C’est un très beau message de paix que nous livre en anglais Mme Ono.

Après ces beaux mots, j’attendais naïvement la suite : une traduction en français. Elle n’est jamais venue. Les affiches de l’exposition sont pourtant en français.

0bed_0033
http://www.mbam.qc.ca/fr/index.html

Bien sûr, j’ai compris le message, puisque je comprends l’anglais. Bien sûr, je suis parfaitement consciente que Yoko Ono ne parle pas français.

Mais au risque (que j’assume) de me faire taxer d’extrémiste, je me demande pourquoi les organisateurs de cette belle initiative n’ont pas demandé à la dame engagée de lire son texte en français, avec un joli accent cassé ?

Quand Paul McCartney a fait son spectacle l’an dernier sur les Plaines à Québec, il avait passé quelques heures avant avec une prof de français afin de s’adresser aux gens dans la langue de Molière.

Si Yoko Ono diffusait le même message dans le métro de Paris, ne serait-il pas livré en français ?

La situation n’est pas la même. Oui, oui, je sais. Montréal n’est pas la métropole d’un pays francophone… Seulement celle d’une province officiellement francophone.

Oui, oui, je sais, Montréal est bilingue (le Canada l’est aussi, officiellement du moins).

Justement, le message aurait pu être à son image.

Dommage.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.